03 octobre 2007

sexisme =racisme ou "racisme"?

... et politique et philosphie et mode de vie et de pensée




Sexisme = racisme ? ou " racisme " ?

Vieille querelle, faux problème ? je ne suis pas sûre que, chez la plupart des gens sur le plan théorique les idées soient bien claires à ce sujet et que d’autre part et surtout il ne soit pas faussé pour des considérations purement et obscurément passionnelles ou plus propres au cerveau reptilien qu’à une réflexion sérieuse. Encore ne sait-on rien des relations de plaisir sexuel et mutuel des êtres porteurs du simple cerveau dit reptilien.
En effet, les sciences humaines et en particulier anthropologiques ont tellement évolué en l’espace d’un siècle que le commun des mortels a du mal à s’y retrouver (et la vulgarisation n’aide pas à la clarification). D’abord " le genre " humain, qui se subdivise en espèces notion inventée par Linné au XVIII ème siècle après quoi on décrit de nombreuses variétés naturelles qu’on peut appeler indifféremment : races, populations ou sous espèces. Si on regarde transversalement chacune de ces catégories, elles possèdent des caractéristiques communes mais des différences :cheveux couleur morphologie etc et sexes. La relation sexuelle étant féconde à l’intérieur du genre humain, inter " races ", métissant ainsi depuis presque toujours sans doute l’espèce humaine mais en en reproduisant les caractères essentiels.
C’est sur le point de la différence des sexes que commence la difficulté de classement sur laquelle les anthropologues glissent prudemment. Comment considérer cette différence morphologique et physiologique ? Où la caser ? Il se produit une sorte d’escamotage. Une réduction qui n’est pas précisée et qui se fait aujourd’hui dans la plupart des cas et des cultures au profit du mâle. Du moins on voudrait nous le faire croire, en arguant du nombre et de l’antiquité de la chose. Mais une erreur d’analyse et de jugement finit toujours par se révéler, même si on l’a occultée très longtemps. Et même théorisée. Il n’est pas question ici dans ce cadre de faire un essai ! Juste une esquisse. Tout se passe comme si les femmes et les hommes formaient des sous-- espèces (qu’on peut donc appeler races différentes (comme dit Homère, à une époque où la conceptualisation n’était pas encore aussi sophistiquée qu’aujourd’hui, ce qui n’empêchait pas une prise de conscience : genos la race des femmes).
Mais revenons à nos sociétés actuelles le sexisme existe, il est pratiqué, sous des formes directement, visiblement barbares (mutilations et viols) rituelles (cacher tout le corps), sociales (le plafond de verre ou l’enfermement, dans des espaces définis ou dans des vêtements qui isolent), économiques (salaires inférieurs accès aux carrières), culturelles (le façonnement des esprits et ses conséquences (les suicides les immolations par le feu), et évidemment l’assignation à l’hétérosexualité.
Les choses ont bougé fortement, ce socle est ébranlé, l’espoir naît de la volonté même des femmes et augmenté par les comparaisons avec d’autres cultures ;, mais les menaces restent et avec la mondialisation des sociétés, il est clair " la race " des hommes (männer, men) reste dominant sauf dans quelques classes plus évoluées sur le plan intellectuel.
Comme le souligne très justement une lectrice traiter ou une autre femme publique de salope n’a rien d’anecdotique. Salpe n’est pas seulement le féminin de salaud (qui s’est écrit d’abord salop) il n’a pas la même connotation que salaud, il s’y ajoute une nuance sexuelle très péjorative et salace ; et c’est d’autant plus pervers que se son tles mêmes qui serait prêt à abuser de ces " salopes " ; ils s’en pourlèchent les babines ; ils sont si roués qu’ils sont parvenus à faire dévalorise le terme féministe moi je ne suis pas féministe dit une femmede la cour , j’ai seulement beaucoup d’amitié pour la femme du prince.
Et comme Flaubert disait : Madame Bovary c’est moi, le président d’une contrée lointaine dit à propos du trait admirable de son épouse dans une mission impossible : La Tyranisie (où il l’avait envoyée) c’est moi ; autrement dit : ma femme c’est moi. Ce n’est pas que du sexisme, au sens commun car pour lui le dominant, les femmes ne sont donc qu’une sous-espèce parmi d’autres, la moitié (ou le quart dans certains autres pays) d’un homme de leur homme, moitié collée au corps et à l’esprit et l’âme de cet homme, des hommes de son clan. De sa tribu.
Il y a des époques et des pays où l’on élimine volontiers les récalcitrants. Même ceux de sa famille (biologique ou sociale)
La justice est souvent également une justice de classe ou de race ou de sexe : Un philosophe patenté étranglant sa femme et un homme de théâtre " donnant des coups mortels " à son épouse sont traités avec les égards dûs à leur rang représenteraient–ils en fait la norme devenue exception ? comme il y eut un droit de cuissage il y eu droit de vie et de mort surla femme et l’enfant. Il n’y a pas très longtemps encore, quelle femme osait se plaindre d’avoir été violée, ou d’avoir été battue. L’accueil dans les commissariats était plutôt… Dissuasif. Les acquis dans ce domaine sont des plus récents et fragiles) et dus à des réflexions et des actions qu’elles (et parfois ils) ont menées. L’histoire de Choisir de la MLAC ou de la Cams ou de ni putes ni soumises -et de tant d’autres ont été exemplaires.
Alors il faudrait lever l’ambiguïté sur le statut des femmes sous-espèce race ou genre humain à part entière. Dans le genre humain, il n’y a pas de nature (biologique) pure tout est culture née de la possibilité réflexive, de l’abstraction, de la prise de conscience et de la construction des valeurs, de l’éthique. Le racisme est une construction fausse ainsi que le sexisme. Ils sont une erreur analogue du jugement, mais ils révèlent aussi une autre dimension commune à plusieurs genres ou espèces : la volonté de domination. La volonté de puissance, doublée chez l’homme aussi par la volonté de jouissance. Ce sont ces deux erreurs, ces deux maux qu’il faut combattre. Que la femme et l’homme doivent être absolument égaux sur le plan légal et juridique cela ne suffit pas, ils le sont sur le plan anthropologique et philosophique. C’est un grand chantier aussi important me semble-il que la défense de la planète, que la surveillance du niveau des eaux, non ?
Geneviève Pastre ©