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31 janvier 2008
Il:vous et moi quand nous sommes en quête
lutte dans le monde difficile
Il jette les mots contre les rochers
Il les plie comme des bras
Il les broie comme des couleurs
Il les ajuste comme des pièces de bois
Il les roule comme des vagues
Aussi durs que des pierres de taille
Aussi lourds que lui
Ils sont les miroirs des villes intérieures
Que ses mains ont faites et défaites
Des gens passent sous ses fenêtres et se dandinent sans parler.
II y a trop de morts aux fenêtres Des morts adipeux et des morts édentés, des morts maigres et des morts aux mains couvertes de bagues, des morts en colère d’être là et inaccessibles, et de jeunes garçons et de jeunes filles troublés de désirs inassouvis.
Il n’y a, disent-ils, ni barque ni rivière ni lumière, ni même de sommeil, rien qu’un certain air d’absence, un air qu’on est en train d’oublier, un visage dont on cherche les traits, une petite odeur peut-être de fleurs, un très léger conflit entre la terre et l’air, un long éparpillement passif.
Il faut faire vite. Toutes les fenêtres ouvertes. Bientôt la nuit va tomber. Pourtant pendant que les oiseaux dorment, des hommes se dépêchent de franchir les bornes de la tendresse interdite, les heures où le sommeil est tout.
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Il s’échappe par toutes les fentes, tous les trous tous les pores des peaux étrangères. Il est à genoux, il baise le sol dans un très ancien geste d’adoration. Il creuse autour de lui des galeries de tendresses, et des tunnels de fatigue. Il sait très bien qu’il ne peut que répéter des pas, ses pas, cramponné aux cordages, pour ne pas tomber dans les vomissures, entre tangage et roulis mêlés. A travers les hurlements des autres hommes. Et il pense : ne pas tomber, surtout ne pas tomber.
Si tout chavire en lui, il se tient droit, aisément, et il rit légèrement, mais les liens les escaliers les passages lui tentent encore des pièges. C’est pourquoi, comme un homme ivre, il rit de nouveau, tout en se traînant.
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Il se répète
Il vire interminablement autour du temps
Il crie pleure suffoque et rit
Il aime et cesse d’aimer
Il répète ce qu’il a su depuis toujours
Il se retourne brusquement pour surprendre l’envers du chemin
Aux aguets il piétine les syntaxes
Et les règles de tous les jeux,
Il règle de les réinventer
Il crée des mots des appels des chants
Les noms il voudrait les dire le premier.
Sur sa paume, il voit des lignes nouvelles, fines, entrecroisées
Peut-être qu’il est en train de se réinventer
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Il marche lentement
A travers les arbres de pierre
Il marche avidement
A travers les murs opaques
Il rêve éperdument du pur chemin
Les êtres gonflent, éclatent ou se rétractent
Leurs paroles répètent leur propre écho
Les couloirs s’épaississent d’obscurs désordres
Les escaliers ne montent vers rien
Dans les allées, des mains, des yeux, des fronts, des mots, de longues exclamations sont tombées
parmi les feuilles et la neige
Il entend les oiseaux permanents à toujours égale distance
Les vides durent et se durcissent de sens brouillés
Les regards s’enchevêtrent comme des fils téléphoniques
Rien ne porte en effet sa vie que lui
Rien ne porte ses douleurs
Rien sauf lui-même
Il va sûrement
Plains- Chants( extraits de Il) Geneviève Pastre (copyiright) parution en nov 2007 aux éditions geneviève Pastre(c'est un choix assumé dans un monde difficile il faut tenter de vivre; et la collection "les octaviennes vous est ouverte voir le catalogue (lein à gauche)
18:48 Publié dans modes de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27 janvier 2008
ASSUMER SON PASSE
et modes de vie
ASSUMER SON PASSE
Il y a peut-être un lien avec la parution de FEUX. Ce qui fait la grandeur de
Marguerite Yourcenar, par rapport à d’autres qui ont prétendu leurs lettres perdues pour sauver leur image, c’est d’avoir publié ces poèmes de feu. Où elle se dévoile et dit la passion dans sa déchirante violence, au risque de briser l’image d’un écrivain absolument maître de soi, de sa pensée, rationnelle et raisonnée, hautaine, puissante et sereine. Elle touche là au plus profond d’elle-même, à une période où elle a failli se briser elle-même. Elle nous invite à vivre nous mêmes sans ces plus ou moins fréquentes compromissions où nous nous rapetissons, croyant nous embellir au lieu de nous réajuster, autant que faire se peut, à la réalité.
Il en est de même des figures politiques qui soulignent peu leur passé ,voire se le recréent, pour mieux plaire aux masses. Je n’en donnerai que deux exemples :
celui de Sarkozy qui esquisse ses origines : son père a émigré pour fuir le communisme installé en 1945 en Hongrie. Certes, mais avant, il y eut la période du nazisme, (de 41 à 45). Comment son père ou son grand -père se sont-ils soumis à ce régime, à quel prix? furent-ils des résistants? Nous ne sommes pas responsables des agissements de nos parents, de leurs choix politiques, mais nous serions plus à même de juger de l’homme actuel, vu l’importance qu’il a prise (ou que la majorité lui a donnée) dans notre pays et la prétendue rupture affichée, qui reste une notion assez obscure et qui peut englober bien des choses différentes. Nous avons le droit de savoir, objectivement. Nous ne sommes pas des sujets, mais des citoyens responsables et conscients.
Le deuxième exemple est celui de Lionel Jospin, qui a bien caché son appartenance passée à la LCR, quand il crut que ce passé le desservirait et si bien caché même qu’il avait prétendu que ce n’était pas lui mais (donc) son frère.(quelle élégance !). cette question vient d’être remise sur le tapis à l’occasion du décès de Pierre Lambert, dirigeant historique du parti des travailleurs , organisation trotzkiste. Le Monde du 27-28 lui consacre un entrefilet, le Parisien du 26 est moins chiche, un quart de page ! avec une photo. L’un et l’autre soulignaient, non sans une légère pointe d’ironie, mais assez marquée l’absence de Lionel Jospin, le « camarade Michel ». l’un parle d’un petit millier de personnes « présentes au Père Lachaise, l’autre de « près de 2000 militants chantant l’internationale le poing levé », et venus saluer le « camarade Pierrot » qui a lutté jusqu’à son dernier souffle pour une société sans oppression et sans exploitation » ; quelques absents lui ont tout de même rendu hommage indirectement sur leur blog par exemple.
Je ne relève pas les silences concerna nt la vie privée dont on fait les gorges chaudes actuellement à propos de nos présidents. Où est mise en cause une « moralité » propre aux traditions d’un pays. C’est à mon sens un sujet qu’il faut traiter à part. Il s’agit bien dans les cas précédents de la dimension politique et des antécédents historiques et politqiues de ceux qui nous gouvernent ou nous ont gouvernés. La vérité fait partie des éléments qui nous permettent de mieux comprendre leur comportements, leurs choix actuels. comme écrit Cambadélis : « il fut une référence de ma jeunesse et pas une maladie honteuse à cacher ».
Alors messieurs encore un effort. N’y avait-il pas une bonne raison de venir en personne, rendre hommage à celui qui fut une maître à penser politique ; ne jouez pas les honteuses ; que de situations où des « personnalités « se refont une virginité » comptant sur l’oubli l’ignorance du grand public. Ou alors restez dans l’ombre et suivez jusqu’au bout l’adage« pour vivre heureux vivons cachés » ; heureusement pour eux on a inventé l’outing . Et encore dans un certain domaine seulement !
Heureusement il reste les journalistes les historiens et les citoyens qui ont compris retenu vu et qui en tirent les conséquences dans leurs choix politiques.
Geneviève Pastre©
18:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
24 janvier 2008
Sappho
FEUX
Retrouvé par hasard « Feux » de Marguerite Yourcenar
l’imaginaire Gallimard (éd originale Plon 1957, publié en 1936)
De loin son meilleur livre
Sa version de l’amour malheureux de Sappho pour Attys est fulgurante. La légende selon laquelle elle se jeta du haut du rocher par amour pour Phaon est éblouissante de finesse. Elle se confie à lui et lui raconte son désespoir de l’avoir perdue, ils la cherchent ensemble. Elle finit pas lui trouver une ressemblance avec Attys, mais le jour où il revêt un peignoir lui ayant appartenu et qu’Attys a laissé dans sa fuite,
elle le fuit, la ressemblance est insupportable : « elle sait que nulle rencontre ne contient son salut puisqu’elle ne peut, où qu’elle aille, que retrouver Attys .
Acrobate dans un cirque, elle y court et sous les yeux du public, elle essaie de tomber de son trapèze, mais elle est victime de sa virtuosité,qui l’empêche de tomber. Elle choisit un endroit au dessus du filet là où les mailles plus lâches ne la retiendront pas...
Je ne peux en dire plus.
« Tes cheveux tes mains ton sourire rappellent de loin quelqu’un que j’adore. Qui donc ? toi-même. »
« J’espère que ce livre ne sera jamais lu »
Lisez-le. C’est exactement ce genre de texte qui résiste aux excès des analyses et des dérives théoriques contemporaines, qui découpent le vécu comme un tissu ordinaire acheté au mètre. Ce tissu là ne se déchire jamais.
Geneviève Pastre©
22:40 Publié dans modes de vie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
22 janvier 2008
salon des OCtaviennes
et modes de vie, arts dont sexualités
SALON DES OCTAVIENNES 2008
Au bar la Champmeslé 4 rue Chabanais 75 002 Paris
Josy nous accueille
Le Vendredi 22 février 2008 à 19H30
Remise des prix du concours de poésie2008
PRESENTATION DES
POETES PRIMEES
RECITAL ANNUEL des OCTAVIENNES
Rencontre avec le public
dédicaces
entrée libre
consommations au bar
bus 95 68 29
métro Pyramides
« les prétendus enseignements de l’histoire littéraire ne touchent presque pas à l’arcane de la génération des poèmes. Tout se passe dans l’intime de l'artistes comme si les événements observables de son existence n’avaient sur ses oeuvres qu’une influence superficielle. Ce qu’il y a de plus important- l’acte même des Muses- est indépendante du genre de vie, des aventures des incidents de tout ce qui peut figurer dans une biographie. Tout ce que l’histoire peur observer est insignifiant »
Valéry, Variété
c’est une circonstance exceptionnelle qu’une intelligence critique associée à la poésie
il n’y a pas de vrai sens d’un texte .Pas d’aurité de l’auteur .Quoi qu’il ait voulu dire, il a écrit ce qu’il a écrit .Une fois publié, un texte est comme un appareil dont chacun peut se servir à sa guise et selon ses moyens : il n’est pas sûr que le constructeur en use mieux qu’un autre.
(Variété III)
réflexions pour un jury, pour tout lecteur et
tout auteur
genevivève pastre ©
22:53 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 janvier 2008
le noblesse de l'homme debout
et politique
Je reviens sur ce sujet qui est plus que jamais d'actualité. le sourire béat et patelin
des représentants des différentes églises reç us à l'Elysée
m'a écoeurée. les églises n'attendent que cela. La noblesse de l'homme dit incroyant a été bafouée. avec d'autres nombreux j'entre en résistance;
DEFENSE DE LA LAÎCITE
On parle des religions, des trois monothéismes, beaucoup de l’islam, bien sûr, de la place des religions dans les sociétés, au point que les tenants de la laïcité, il y a quelques années, ont bien failli passer pour des esprits pauvres et secs ! D’un côté: ah ! la richesse des religions, et de l’autre, le vide ? et bien non ! Il faut revivifier une pensée humaniste, modeste, mais forte, dynamique, active, critique et créative ; et un espace de pensée et de parole : favoriser le développement de la dimension intellectuelle, de la capacité de réflexion de l’homme, qui peut prendre des formes philosophiques diverses, (à ne surtout pas confondre avec la théologie ou l’idéologie), et des lieux où se développe la pensée libre, bibliothèques, théâtres, enseignement de la philosophie, mais qui met l’accent sur la nécessité, la passion, de mieux connaître l’être humain, analyser d’une façon critique les lois, les sociétés, leurs règles, leurs formes, pour les améliorer et tendre vers plus de justice et de paix. Sans ignorer l’affectif et toutes les expressions des passions et des émotions humaines ainsi l’imaginaire, toutes les créations de l’art.
Nous proposons qu’on fasse une juste balance. À la dimension religieuse qui cherche à s’imposer, proposer, en un face à face, serein, appuyé sur une réflexion fortement charpentée, fondé en raison, une attitude philosophique, sans qu’on ait besoin d’ajouter à laïque, « athée » ou « agnostique », mots dont on voudrait nous faire croire qu’ils sentent un peu la naphtaline.
À croire que les croyants qui s’enorgueillissent tant de leur dimension supérieure ne sont pas prêts de côtoyer vraiment à égalité des êtres auxquels il ne manque pourtant vraiment rien, qui ne sont pas du tout infirmes, mais qui sont pondérés sans vanité et s’essaient à trouver des solutions aux problèmes qui se posent aux êtres humains : ”cette recherche tâtonnée et construite où les connaissances acquises sont soumises à la critique collective. La voie de la raison présente chez tout être humain » (*) ; nous ne sommes pas dans une théocratie mais dans une démocratie, que nous vivons concrètement tous les jours et qu’il convient d’améliorer par nos moyens propres, à nous, êtres humains. Faire l’éloge du doute et de l’audace de l’homme debout sur terre qui ose créer progressivement les bases indispensables à une société de paix pour tous et toutes, et pour chacun et chacune. Ce n’est pas l’orgueil qui doit le pousser à agir, mais la possibilité modeste d’un monde meilleur ici et pas ailleurs, dans un au-delà qui conditionnerait arbitrairement nos valeurs propres. Il faut oser renoncer à toute transcendance dans l’exercice de quelque pouvoir que ce soit. Mortels nous sommes, finie est notre vie, mais précieuse, unique, témoin devant tous de sa propre identité car précisément nous sommes responsables du sens et d’une possibilité de bonheur que nous léguons ou non aux générations suivantes.
Les problèmes sont ici, c’est avec l’ensemble des hommes qu’il faut vivre et trouver des remèdes aux maux dont nous sommes aussi responsables. C’est donc au peuple qu’on en revient (laïque vient de laos, qui veut dire peuple, par opposition à klerikos, qui signifie clerc = ecclésiastique, ce dernier qui veut toujours outre son pouvoir sur les esprits, le pouvoir politique, soit directement soit par des biais, il n’y a jamais eu de pacte laïque). Le peuple a délégué - que la démocratie soit représentative ou participative - sa volonté au pouvoir politique, et, même si on sépare la société civile de la société politique, il ne faut jamais oublier cette origine et ce principe. C’est par la voie politique sans interférences religieuses que doivent être faits les grands choix concernant l’être humain, grâce à une éthique dégagée de l’emprise religieuse, d’où qu’elle vienne : le droit à son esprit mais aussi à son corps, sa sexualité le droit de donner la vie d’une façon volontaire, consciente, à des êtres dont chacun sera responsable et pour lesquels il ne peut que souhaiter le moins de souffrances possible, dignité, droit au bonheur. Mais aussi la justice sociale par une forme d’économie adaptée à cette fin. « L’homme est et restera toujours un chantier » La laïcité est le signe et le résultat d’une évolution politique avancée.
Il y a du pain sur la planche, vous dis-je.
Car ça, ça demande du travail, de l’information, de la réflexion et pas uniquement suivre « Le Livre » de quelque religion qu’il soit.
Nous sommes dans une société (civile) des livres, au sens concret et symbolique. Nous voulons contribuer à développer cette société, pour les hommes, à écrire des livres, à donner sous quelque forme que ce soit leur propre témoignage singulier, à les lire, à réfléchir à partir de ces réflexions, à développer les intelligences et transmettre une véritable sagesse, un véritable art de vivre, le droit à la pensée, dialogue des corps, des cœurs et des esprits. Un rêve, une utopie ? Non une lente progression, qui ne sera jamais achevée. Mais qu’il ne faut surtout abandonner dans les temps difficiles que nous vivons.
Geneviève Pastre (tous droits réservés)
Adapté d’un édito paru sur le site des Mauves au cours de nos différentes campagnes électorqles
22:08 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18 janvier 2008
mode de vie
et philosophie
Ecologie
Toute l’agitation actuelle autour de l’écologie est sans doute fondée ; C’est terrible depenser que nous sommes dans un univers qui bouge. C’est presque aussi important que la découverte que c’est la terre qui tourne autour du soleil ! pourtant j’ai déjà dit ici que quelque chose me gêne dans la manière dont tous les partis ou presque se sont jetés dans la bataille.j’aurais aimé qu’il y ait le même élan, la même mobilisation pour la justice sociale, contre les inégalités croissantes, le triomphe insolent de l’argent, la précarité des contrats de travail, contre la torture, la fabrication et la vente des armes de mort, contre toute violence dans le monde, etc il est aisé de continuer cette liste pour en faire une liste féroce à la Prévert. les satiristes et caricaturistes s’en donnent à cœur joie d’ailleurs ils nous offrent des trésors et il faut espérer qu’ils ne perdront pas ce droit primordial de la liberté de pensée et d’expression !
Mais il y a autre chose à l’autre bout de la chaîne, si je peux dire, qui me chipote ; l’écologie qu’on porte en bandoulière quand on se veut sauveur de planète me semble vouloir occulter et remplacer un tout autre rapport de l’homme à la planète, fondamental pour lui en tant qu’être plongé dans l » univers c’est ce qu’on a appelé « le sentiment de la nature », de sa beauté, de son immensité, de sa parenté avec les êtres vivants plantes et animaux, et de sa durée, de son temps particulier de ce que les Japonais appellent « l’impermanence » du monde et de l’homme. Il y a une poésie et une philosophie de ce rapport de l’homme à la nature, aux métamorphoses du temps . et aux interférences de l’un à l’autre.
« des branchages
assemblez et nouez-les
voici une hutte
dénouez-les et vous aurez
la plaine comme devant »
dit le vieux poème.
L’éloge de l’ombre , Tanizaki
Geneviève Pastre©
16:36 Publié dans modes de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12 janvier 2008
les commentaires
Réflexions à propos des commentaires en général et du commentaire sur l’article" Simone de Beauvoir, non merci !"
J’ ai été frappée par la réserve émise à la fin : " cette réflexion n’engage que moi ". Trop souvent en effet les personnes minimisent la portée leurs convictions en les présentant comme des " opinions " strictement individuelles. Or ipso facto du moment qu’elle sont écrites et livrées au public, elles ont une portée plus générale et engagent donc à la réflexion et au jugement du lecteur. Il me semble que la modestie ne convient pas. il faut aller de l’avant, au -devant même d’un dialogue et d’une discussion.
Il n’u a pas de légitimité automatique due à un écrivain " publié et reconnu " qui l’emporterait sur une pensée exprimée sans une autorité extérieure.
Une pensée est intéressante pertinente en fonction de la valeur de sa propre argumentation et non d’un titre social de celui qui l'émet. Le principe d’autorité n’a pas de portée. La compétence dans le domaine des sciences dures ou exactes est évidemment nécessaire. celle des sciences humaines est déjà plus suj ettes à caution. Raison de plus de plus pour oser s’affirmer, avec mesure en pesant les paramètres. C’est cela la culture qui aide l’intuition et le jugement.! le domaine de la polémique est autre. Courage donc en route vers le débat d’idées.
Une autre question se pose a –t-on bien compris la pensée d’autrui. A –t-on suffisamment d’éléments ?
S’agissant de Simone de Beauvoir, il faut en effet dissocier les deux œuvres, la sienne et celle de Sartre) ils n’ont jamais cherché à écrire à quatre mains ;
Quant au droit à l’ambiguité, Simone de Beauvoir a écrit un essai dur l’ambiguïté. Mais je parlais de la responsabilité d’un écrivain dont les mots avaient un poids moral et social et pouvaient influer sur la société, les réprésentations que les femmes et les hommes se font d’eux mêmes de leur sexualité et de leurs réactions et des de leurs effets sur les mœurs. Avoir tu l’importance de ses amours lesbiennes et leur avoir retiré toute portée dans les luttes féministes, au point de les mettre dans le non dit théorique et le déni pratique est une faute ou tout au moins une réaction de défense inacceptable pour qui porte e " flambeau " du féminisme, est une erreur plus une faute intellectuelle et politique.
Si chacun pouvait porter jusqu'à bout de ses conséquences ses propres analyses, ce ne serait pas grave. Mais on a l’habitude de faire confiance aux têtes officiellement pensantes ce qu’on appelle les intellectuels on fait crédit sans exercer assez son propre esprit critique et sans oser réserver son jugement ; si une chose est vraie, ce n’est pas parce qu’un tel l’a dit et écrit, c’est parce cette vérité convainc notre esprit. La résistance de l’esprit fait notre grandeur.
Mais il faut être exigeant par rapport à soi-même. Au point d’oser penser contre les idées nouvelles ou les idées reçues. Savoir faire front. Faire bouger les limites. Risquer son confort intellectuel.
Ecrire un commentaire, c’est cela merci donc à celle et ceux qui écrivent des commentaires cinglants vifs pertinents et qu’il se disent qu’ils " écrivent " pour de vrai et que leurs réflexions comptent et nous font bouger dans cette amorce de dialogue ; c’est vivifiant pour l’esprit, les esprits donc merci!
Geneviève Pastre©
23:04 Publié dans modes de vie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10 janvier 2008
Simone de beauvoir, non merci
sexualités et littérature
Simone de Beauvoir, non merci
Je suis de la génération qui a lu " Le deuxième sexe " à sa parution. Et bien en dépit de l’engouement général et en particulier de la fascination de certaines de mes camarades de classe qui allaient au Flore pour LA voir avec Sartre (et qui devinrent de bonnes mères de famille) je n’ai jamais fait partie des fans ni des disciples.
Elle était après tout prise dans le système, dans le cursus des agrégations, elle y semblait à l’aise brillantissime même et sa relation avec Sartre me parut vite inégalitaire même je n’avais pas encore lu ( et pour cause) le " je vous prends en mains " de ce dernier qui m’aurait fait fuir.
Son livre me paraissait lourd et sans véritable élan. Même si la formule " on ne naît pas femme on le devient " a fait fortune, c’est une réalité sociale avec laquelle je me battais moi-même depuis toujours avec mes propres armes : la danse et la poésie, et la volonté de vivre et de voir clair dans ma vie.
Et surtout elle ne répondait pas à la question essentielle : comment vivre mon désir des femmes si brûlant si présent, ce sujet était relégué à la fin d’un des tomes. Je ne m’y retrouvais absolument pas, je détestais même cette manière de créer à part une catégorie spéciale et de s’emberlificoter dans des analyses prétendument objectives.
. En fait pendant qu’elle était au Café de Flore Natalie Barney vivait bien depuis longtemps sa vie de lesbienne au 20 rue Jacob à deux pas du bd Saint Germain et elle se promenait tranquillement avec Gertrude Stein dans les parages !
Enfin ce livre manquait d’élan et de joie et du " je " fondamental pour moi dans toute écriture. Je n’en étais pas à penser que j’écrirais un jour le mien ou les miens sur un tel sujet. Et que je serais emportée alors par la colère d’avoir été trompée et la joie d’avoir trouvé !(*) La poussée du bonheur est d’une telle nature qu’elle bouleverse les raisonnements les explications et rejaillit sur tout le reste.
Ainsi l’envie de faire des enfants ou l’envie d’avoir des enfants ne me paraissait pas si ni horrible ni si condamnable que ça, à condition qu’ils soient faits dans d’autres conditions, et le vécu d’un couple pas si horrible que cela, non plus s’il s’agissait de relations entre hommes ou entre femmes. Pas de rôles définis, pas de statut social inégalitaire. Autre chose de gai et de léger, de frais et de fort (je sais ce dont je parle)
Enfin quand je connus bien plus tard ses combinaisons à fondements philosophico/ sexuelles (les fameuses amours contingentes) avec des partenaires femmes et Sartre, j’y trouvais un certain jésuitisme, quand je vis aussi parmi ses disciples affichées il se trouvait des lesbiennes dans le placard, je fus choquée et plus encore quand au moment de la rupture au sein de " Questions féministes " la revue lesbienne et féministe où la majorité était lesbiennes était (4 sur 3) j’entendis la lecture par une lesbienne dans le placard d’une de ses lettres au tribunal déclarant aberrante position politique des lesbiennes radicales, je fus profondément écoeurée. de voir que sa notoriété à elle seule suffisait à faire pencher la balance et que Simone de Beauvoir ne pouvait pas l’ignorer. Ce déni de soi (elle avait eu des amantes), dans la position d’autorité où elle se trouvait, m’apparut comme une inacceptable trahison de soi, intellectuelle et morale. Les dés étaient pipés ; et les lesbiennes lambda ne purent y voir que du feu, trompées et induites en erreur, freinées dans leur recherche, sur le sens et la portée de leur vie sexuelle et amoureuse. Enfin la publication de lettres à des hommes où elles décrit dans des termes grossiers et vulgaires la relation physique entre femmes n’a fait que conforter mon rejet.
Trop de pessimisme aussi trop de morbide…trop d’orgueil aussi. Il y a tant à voir, tant à découvrir dans la vie, par quelle déception secrète a-t-elle pu passer ?
Il reste son engagement politique tardif, mais clair.
Mais non il y a tant de femmes qui ont pris la vie à bras le corps, et les femmes qui ont écrit des -textes sincères vibrants et " justes ", intelligents lucides et généreux, sur l’amour entre femmes, et ces femmes portent aujourdhui cette poussée en avant actuelle vers un élargissement une respiration vers des amours et des sexualités plus vastes et plus heureuses, c’et elles qu’il faut lire
Que le nouvel Obs ait la vulgarité l’obscénité de publier une photo d’elle nue de dos ne m’étonne qu’à peine de la part de mâles imbus de leur appendice physique et symbolique . c’est indigne et inexcusable. Même si cela demande exige des excuses. ; Tant mieux pour elles, si ça ne tue pas l’envie des femmes d’être dans les bras de ces hommes -là. Tant en sont encore à la mentalité de collégiens comparant et mesurant leurs instruments ; les gais le font entre eux mais poussés le désir et c’est tout autre chose, c’est pourquoi ils ont ma sympathie.
Je ne veux pas juger de l’œuvre de Simone de Beauvoir : elle est considérable et elle a de la valeur, elle mérite d’être lue. Mais elle n’est pas si révolutionnaire qu’on a bien voulu le dire et le faire croire. Elle a manqué seulement de l’ampleur de vue indispensable, d’une vraie réflexion philosophique et anthropologique qui embrasse tout l’homme (Mensch) et d’un cohérence interne par rapport à ses choix propres restés discrets et fort prudents.
Mais combien de philosophes élaborent ainsi de belles théories sans risquer leur vie personnelle ; il y en a, mais ils sont rares, j’en reparlerai un jour.
Elle a été aimée de Violette Leduc, une qui ne mesurait pas ni ne classait sa passion. Et elle a été à l’origine de ce chef d’œuvre d’amour : " Trésors à prendre " .
" Jusqu’où il faut aller trop loin ", encore une fois, n’a pas de sens chez un penseur. Respectabilité non plus!
Elle a eu sans doute des générosités (payant ainsi à Violette Leduc une allocation de 1948 à 1964 faisant croire qu’elle était attribuée par Gallimard), mais, des deux, celle qui reste de cette époque charnière, c’est Violette Leduc qui passe le témoin pour aujourd’hui, parmi tant d’autres. Il ne faudrait pas se tromper de modèle.
(*) De l’amour lesbien Horay 2002 nouvelle édition
geneviève pastre(copyright)
20:09 Publié dans Sexualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06 janvier 2008
La beauté et la laideur
Un honnête homme et un homme honnête :Albert Jacquard
Une phrase me console dans la confusion de valeurs, des genres, des " ordres" (selon le terme de Pascal) , dans l’hypocrisie et le brouillage accéléré pour nous empêcher de penser et si possible de penser juste, dans cette débandade générale. ce n’est pas du tout mon tempérament, mais tout cela m’inclinait à la mélancolie en cette fin d’après-midi de dimanche
Je lis dans le Monde TV & Radio ", " il faut supprimer tout ce qui introduit l’économie dans des raisonnements éthiques " cette réflexion cette maxime est d’Albert Jacquard que j’estime sans réserve, de ces personnes qui vous lavent de la boue dont " on " essaie de nous submerger. " On " c’est l’ensemble des arrivistes politiques et littéraires, bobos, grosses fortunes et financiers, coachers hâbleurs et vendeurs de n’importe quoi qui peut rapporter gros, canons nucléaires bombes personnelles, esprits intéressés et égoïstes rompus aux techniques du mas tu vue et du mensonge doublés de cynisme et de provocations, produits achevés d’un monde sans scrupule.
Ce n’est pas nouveau d’ailleurs sous le soleil… Ne pas croire au paradis perdu ni aux lendemains qui chantent, mais être lucide présent actif résistant et obstiné pour faire advenir une société et une civilisation qui réhabilitent la portée de ces mots.
Cette maxime toute simple est absolument IRREFUTABLE. Pourquoi le journaliste ajoute-t- il " affirme avec conviction le professeur, sans concession "
Comment peut-on, dans un journal comme le Monde, ajouter cette " nuance" cette éventualité d’une concession ?C’est déjà une réflexion de trop. Y a- t-il une concession possible dans le domaine éthique ? Est ce concevable ?
Un journaliste sans tact offrait un miroir à ses invités (j’y suis passée dans l’émission précédant celle de Jacquard) leur demandant ce qu’ils y voyaient. Il avait répondu " un être humain ", et le journaliste insista : " mais vous êtes laid ! vous ne voyez pas votre laideur ? ! " et il remua impitoyablement le couteau dans la peine ou le chagrin perceptibles chez Jacquard, mais qui ne bougea pas d’un pouce de son jugement ; le journaliste était jeune et beau (selon les canons habituels !). Je suis sensible, moi aussi, à la beauté physique mais surtout à la beauté de l’âme la noblesse de l’esprit, Les seuls valables.
La réflexion que fait Jacquard, notée dans l’article, est d’une grande sagesse. Il souligne que " cela ne mérite pas d’en faire une historie (un accident de voiture) mais que cela handicape pour des fonctions d’autorité " ; -au lycée Hélène Boucher où j’ai fait une grande partie de mes études, dans la classe de première voisine, il y avait un professeur de lettres, une femme au physique particulièrement ingrat. Cela arrive ; au début de l’année elle avait circulé dans les rangs de la classe et avait dit tranquillement aux élèves, toutes des filles alors, c’était en 41/ 42 : " regardez- moi bien. je suis laide " puis elle retourna à son bureau commença son cours. C’était un professeur remarquable. Elle avait imposé le respect dans une fonction d’autorité.
La réflexion d’Albert Jacquard met bien l’accent sur ce tape à l’œil contemporain et cette erreur de jugement : " regardez mes muscles. " " Regardez comme je suis bien bâti ". regardez moi de face et de profil Etc etc Est -ce un muscle qu’on a dans la tête et qui fait l’homme ? Et l’intelligence et la bonté et l’amour ne rayonnent-ils pas dans un visage qu’ils transfigurent ? Exemplaire Albert Jacquard ! merci d’être ce que vous êtes et comme vous êtes.
Geneviève pastre©
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04 janvier 2008
tour de passe-passe
Tour de passe –passe
Article unique Loi constitutionnelle du 3 juin 1958
3. Le gouvernement doit être responsable devant le Parlement
Coup bas, habileté de l’avocat, art du contournement
Et d’une pierre deux coups :
Effet de surprise -cadeau de nouvel an plus le coup est fort et vraiment inattendu, sorti de la manche, plus il sidère voir la tête des ministres et analyser leurs réactions à chaud plaisant non ? bien joué. Quelle claque !et que ça saute !
La notation des ministres : raisonnement analogique totalement arbitraire copié collé des radars et contrôle incessants.
Manière d’empêcher de penser sur le fond. Sur la fin et les moyens Obligation de résultat, pour envoyer les ministres au diable Vauvert. Les lycées pilotes ou expérimentaux avaient supprimé les notes. Les enfants de ministres vont rigoler toi aussi papa ! toi aussi maman !
Manière aussi de se défausser, pour le prince. Ce n’est pas moi, c’est eux : une commission. Ponce Pilate va !
Manque de respect à l’égard d’une fonction " noble ".
C’est enfin du management. " Les ressources humaines " ! misérable classification ! Il paraît que c’est ça la " culture d’entreprise ".
Je propose une commission analogue pour noter le Président, composée des ministres par exemple. Et que les critères en soient définis par des politologues des sociologues des anthropologues et des philosophes et les ministres eux mêmes
Et veiller à restituer au Parlement une vraie autorité, et ne pas en faire pas un appendice inutile. Mais j’y pense : Veiller à ce qu’une commission ne soit pas créée pour noter les députés!
Et les élections alors ?elles servent à quoi?
"Politique de civilisation "mais il n’a pas précisé laquelle ! ! de toute façon il ne s’est pas expliqué sur sa citation sans guillemets. Heureusement que l’auteur du concept est sorti de ses livres. Mais réaction trop molle à mon goût !
Démoralisation à grande échelle, à toute vitesse. tout le monde en serait-il à parer les coups possibles? serait ce une forme no avouée de collaboration . Sales souvenirs
Qu’est ce qui va sortir du chapeau du gusse dans ce qui devient un cirque ou une arène... romaine , les pouces vers le bas ?
À vous de jouer, Je ne suis ni juriste ni politologue. Mais j’ai observé, j’ai beaucoup lu, j’ai appris sur le terrain`et j’essaie de penser.
Les journaux satiriques font du bon boulot, mais ils ne suffisent pas à tout
Réagissez. Nous sommes responsables en acceptant.
Ne perdons pas notre propre dignité en laissant tout faire ! ce pourrait être un jour le pire.ilya suffiasmment des sujets de honte.
Geneviève Pastre©
23:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


