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24 janvier 2008
Sappho
FEUX
Retrouvé par hasard « Feux » de Marguerite Yourcenar
l’imaginaire Gallimard (éd originale Plon 1957, publié en 1936)
De loin son meilleur livre
Sa version de l’amour malheureux de Sappho pour Attys est fulgurante. La légende selon laquelle elle se jeta du haut du rocher par amour pour Phaon est éblouissante de finesse. Elle se confie à lui et lui raconte son désespoir de l’avoir perdue, ils la cherchent ensemble. Elle finit pas lui trouver une ressemblance avec Attys, mais le jour où il revêt un peignoir lui ayant appartenu et qu’Attys a laissé dans sa fuite,
elle le fuit, la ressemblance est insupportable : « elle sait que nulle rencontre ne contient son salut puisqu’elle ne peut, où qu’elle aille, que retrouver Attys .
Acrobate dans un cirque, elle y court et sous les yeux du public, elle essaie de tomber de son trapèze, mais elle est victime de sa virtuosité,qui l’empêche de tomber. Elle choisit un endroit au dessus du filet là où les mailles plus lâches ne la retiendront pas...
Je ne peux en dire plus.
« Tes cheveux tes mains ton sourire rappellent de loin quelqu’un que j’adore. Qui donc ? toi-même. »
« J’espère que ce livre ne sera jamais lu »
Lisez-le. C’est exactement ce genre de texte qui résiste aux excès des analyses et des dérives théoriques contemporaines, qui découpent le vécu comme un tissu ordinaire acheté au mètre. Ce tissu là ne se déchire jamais.
Geneviève Pastre©
22:40 Publié dans modes de vie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
Grr ! je reviens de la Fnac et n'ai lu cette note qu'au retour. Or ce Yourcenar là ne figure pas dans ma bibliothèque, lacune qui doit être comblée. J'espère qu'il n'est pas épuisé car je viens déjà de me casser le nez avec Le Funambule de Genet (logique) qui se joue actuellement à la Maison de la Poésie. Cette politique mercantile concernant l'édition des livres est vraiment consternante. Heureusement qu'il reste encore quelques éditrices comme vous car les grands circuits qu'il s'agisse de livres ou de disques sont décidément le parfait reflet de la société actuelle.
Ecrit par : simone | 25 janvier 2008
Eliabeth m'a offert Feu avant l'été, avec un CD à l'intérieur.
On entrouvre un peu de l'ailleurs de MY qui ne transpire pas toujours de ses autres oeuvres.
J'aime à relire ses entretiens avec Matthieu Galey, aux éditions le centurion.
J'ai une admiration inconditionnelle pour Marguerite Yourcenar.
Ecrit par : florence sis | 02 février 2008
Il est étrange que mon commentaire sur le sujet ait été tout simplement enlevé!
Bon, j'avais écrit (2e fois):
Ce bouquin, je l'ai trouvé en décembre dans une nouvelle édition avec le CD à l'intérieur (interview avec Jacques Chancel). Dans ce dialogue, Marguerite Yourcenar dit qu'elle vit avec sa "traductrice", qui est en fait sa compagne. Mais elle n'ose pas le dire (elle dit qu'elle l'apprécie grandement, pas qu'elle l'aime). Elle restait donc "dans la placard"!
Ecrit par : Jeff | 24 février 2008


