« mode de vie | Page d'accueil | salon des OCtaviennes »
19 janvier 2008
le noblesse de l'homme debout
et politique
Je reviens sur ce sujet qui est plus que jamais d'actualité. le sourire béat et patelin
des représentants des différentes églises reç us à l'Elysée
m'a écoeurée. les églises n'attendent que cela. La noblesse de l'homme dit incroyant a été bafouée. avec d'autres nombreux j'entre en résistance;
DEFENSE DE LA LAÎCITE
On parle des religions, des trois monothéismes, beaucoup de l’islam, bien sûr, de la place des religions dans les sociétés, au point que les tenants de la laïcité, il y a quelques années, ont bien failli passer pour des esprits pauvres et secs ! D’un côté: ah ! la richesse des religions, et de l’autre, le vide ? et bien non ! Il faut revivifier une pensée humaniste, modeste, mais forte, dynamique, active, critique et créative ; et un espace de pensée et de parole : favoriser le développement de la dimension intellectuelle, de la capacité de réflexion de l’homme, qui peut prendre des formes philosophiques diverses, (à ne surtout pas confondre avec la théologie ou l’idéologie), et des lieux où se développe la pensée libre, bibliothèques, théâtres, enseignement de la philosophie, mais qui met l’accent sur la nécessité, la passion, de mieux connaître l’être humain, analyser d’une façon critique les lois, les sociétés, leurs règles, leurs formes, pour les améliorer et tendre vers plus de justice et de paix. Sans ignorer l’affectif et toutes les expressions des passions et des émotions humaines ainsi l’imaginaire, toutes les créations de l’art.
Nous proposons qu’on fasse une juste balance. À la dimension religieuse qui cherche à s’imposer, proposer, en un face à face, serein, appuyé sur une réflexion fortement charpentée, fondé en raison, une attitude philosophique, sans qu’on ait besoin d’ajouter à laïque, « athée » ou « agnostique », mots dont on voudrait nous faire croire qu’ils sentent un peu la naphtaline.
À croire que les croyants qui s’enorgueillissent tant de leur dimension supérieure ne sont pas prêts de côtoyer vraiment à égalité des êtres auxquels il ne manque pourtant vraiment rien, qui ne sont pas du tout infirmes, mais qui sont pondérés sans vanité et s’essaient à trouver des solutions aux problèmes qui se posent aux êtres humains : ”cette recherche tâtonnée et construite où les connaissances acquises sont soumises à la critique collective. La voie de la raison présente chez tout être humain » (*) ; nous ne sommes pas dans une théocratie mais dans une démocratie, que nous vivons concrètement tous les jours et qu’il convient d’améliorer par nos moyens propres, à nous, êtres humains. Faire l’éloge du doute et de l’audace de l’homme debout sur terre qui ose créer progressivement les bases indispensables à une société de paix pour tous et toutes, et pour chacun et chacune. Ce n’est pas l’orgueil qui doit le pousser à agir, mais la possibilité modeste d’un monde meilleur ici et pas ailleurs, dans un au-delà qui conditionnerait arbitrairement nos valeurs propres. Il faut oser renoncer à toute transcendance dans l’exercice de quelque pouvoir que ce soit. Mortels nous sommes, finie est notre vie, mais précieuse, unique, témoin devant tous de sa propre identité car précisément nous sommes responsables du sens et d’une possibilité de bonheur que nous léguons ou non aux générations suivantes.
Les problèmes sont ici, c’est avec l’ensemble des hommes qu’il faut vivre et trouver des remèdes aux maux dont nous sommes aussi responsables. C’est donc au peuple qu’on en revient (laïque vient de laos, qui veut dire peuple, par opposition à klerikos, qui signifie clerc = ecclésiastique, ce dernier qui veut toujours outre son pouvoir sur les esprits, le pouvoir politique, soit directement soit par des biais, il n’y a jamais eu de pacte laïque). Le peuple a délégué - que la démocratie soit représentative ou participative - sa volonté au pouvoir politique, et, même si on sépare la société civile de la société politique, il ne faut jamais oublier cette origine et ce principe. C’est par la voie politique sans interférences religieuses que doivent être faits les grands choix concernant l’être humain, grâce à une éthique dégagée de l’emprise religieuse, d’où qu’elle vienne : le droit à son esprit mais aussi à son corps, sa sexualité le droit de donner la vie d’une façon volontaire, consciente, à des êtres dont chacun sera responsable et pour lesquels il ne peut que souhaiter le moins de souffrances possible, dignité, droit au bonheur. Mais aussi la justice sociale par une forme d’économie adaptée à cette fin. « L’homme est et restera toujours un chantier » La laïcité est le signe et le résultat d’une évolution politique avancée.
Il y a du pain sur la planche, vous dis-je.
Car ça, ça demande du travail, de l’information, de la réflexion et pas uniquement suivre « Le Livre » de quelque religion qu’il soit.
Nous sommes dans une société (civile) des livres, au sens concret et symbolique. Nous voulons contribuer à développer cette société, pour les hommes, à écrire des livres, à donner sous quelque forme que ce soit leur propre témoignage singulier, à les lire, à réfléchir à partir de ces réflexions, à développer les intelligences et transmettre une véritable sagesse, un véritable art de vivre, le droit à la pensée, dialogue des corps, des cœurs et des esprits. Un rêve, une utopie ? Non une lente progression, qui ne sera jamais achevée. Mais qu’il ne faut surtout abandonner dans les temps difficiles que nous vivons.
Geneviève Pastre (tous droits réservés)
Adapté d’un édito paru sur le site des Mauves au cours de nos différentes campagnes électorqles
22:08 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


