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06 janvier 2008

La beauté et la laideur

Un honnête homme et un homme honnête :Albert Jacquard

Une phrase me console dans la confusion de valeurs, des genres, des " ordres" (selon le terme de Pascal) , dans l’hypocrisie et le brouillage accéléré pour nous empêcher de penser et si possible de penser juste, dans cette débandade générale. ce n’est pas du tout mon tempérament, mais tout cela m’inclinait à la mélancolie en cette fin d’après-midi de dimanche
Je lis dans le Monde TV & Radio ", " il faut supprimer tout ce qui introduit l’économie dans des raisonnements éthiques " cette réflexion cette maxime est d’Albert Jacquard que j’estime sans réserve, de ces personnes qui vous lavent de la boue dont " on " essaie de nous submerger. " On " c’est l’ensemble des arrivistes politiques et littéraires, bobos, grosses fortunes et financiers, coachers hâbleurs et vendeurs de n’importe quoi qui peut rapporter gros, canons nucléaires bombes personnelles, esprits intéressés et égoïstes rompus aux techniques du mas tu vue et du mensonge doublés de cynisme et de provocations, produits achevés d’un monde sans scrupule.
Ce n’est pas nouveau d’ailleurs sous le soleil… Ne pas croire au paradis perdu ni aux lendemains qui chantent, mais être lucide présent actif résistant et obstiné pour faire advenir une société et une civilisation qui réhabilitent la portée de ces mots.

Cette maxime toute simple est absolument IRREFUTABLE. Pourquoi le journaliste ajoute-t- il " affirme avec conviction le professeur, sans concession "
Comment peut-on, dans un journal comme le Monde, ajouter cette " nuance" cette éventualité d’une concession ?C’est déjà une réflexion de trop. Y a- t-il une concession possible dans le domaine éthique ? Est ce concevable ?

Un journaliste sans tact offrait un miroir à ses invités (j’y suis passée dans l’émission précédant celle de Jacquard) leur demandant ce qu’ils y voyaient. Il avait répondu " un être humain ", et le journaliste insista : " mais vous êtes laid ! vous ne voyez pas votre laideur ? ! " et il remua impitoyablement le couteau dans la peine ou le chagrin perceptibles chez Jacquard, mais qui ne bougea pas d’un pouce de son jugement ; le journaliste était jeune et beau (selon les canons habituels !). Je suis sensible, moi aussi, à la beauté physique mais surtout à la beauté de l’âme la noblesse de l’esprit, Les seuls valables.
La réflexion que fait Jacquard, notée dans l’article, est d’une grande sagesse. Il souligne que " cela ne mérite pas d’en faire une historie (un accident de voiture) mais que cela handicape pour des fonctions d’autorité " ; -au lycée Hélène Boucher où j’ai fait une grande partie de mes études, dans la classe de première voisine, il y avait un professeur de lettres, une femme au physique particulièrement ingrat. Cela arrive ; au début de l’année elle avait circulé dans les rangs de la classe et avait dit tranquillement aux élèves, toutes des filles alors, c’était en 41/ 42 : " regardez- moi bien. je suis laide " puis elle retourna à son bureau commença son cours. C’était un professeur remarquable. Elle avait imposé le respect dans une fonction d’autorité.
La réflexion d’Albert Jacquard met bien l’accent sur ce tape à l’œil contemporain et cette erreur de jugement : " regardez mes muscles. " " Regardez comme je suis bien bâti ". regardez moi de face et de profil Etc etc Est -ce un muscle qu’on a dans la tête et qui fait l’homme ? Et l’intelligence et la bonté et l’amour ne rayonnent-ils pas dans un visage qu’ils transfigurent ? Exemplaire Albert Jacquard ! merci d’être ce que vous êtes et comme vous êtes.
Geneviève pastre©

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