16 décembre 2007

du côté des Amazones

sexe et politique




Du côté des Amazones : les idées reçues ont la vie dure. Je suppose que pas mal de lecteurs et lectrices curieux/ses sont allé/es voir dans le Dictionnaire de la mythologie ou sur Google. À la suite des informations et photos concernant les amazones libyennes., venues à Paris escorter Le Dictateur.
Erreur ! erreur grossière !.

Les Amazones ont vraiment existé, n’en déplaise aux tergiversations et aux silences " officiels ". c’est une histoire complexe, très étendue dans le temps et l’espace, il suffit de se reporter à l’essai très détaillé " Les Amazones du mythe à l’Histoire " que j’ai écrit et publié en 1996 (dans mes propres éditions voir lien sur ce blog) qui s’appuie sur les travaux des historiens anciens et des découvertes de l’archéologie, déjà bien en cours en 96 et développées depuis. Je ne peux reprendre ici un ouvrage de plus de 300 pages (avec cartes et bibliographie). Si vous avez un peu de curiosité vous le trouverez soit en le demandant en bibliothèque soit en librairie et particulièrement les librairies gaies et lesbiennes, qui n’ont pas les mêmes œillères que beaucoup d’autres concernant ce sujet
" sensible " ô combien. !

Kadhafi n’a rien inventé, il reprend seulement une tradition (qui a existé aussi au Dahomey à la fin du XIX°siècle) mais qui a une origine plus ancienne et beaucoup plus glorieuse.
Les Amazones étaient un peuple(au sens plein). Installées en Afrique du Nord bien avant la Guerre de Troie elles occupèrent de grands territoires, y créèrent des villes et firent peut-être partie des célèbres " Peuples de la mer ".
Selon les versions ou les interprétations, elles descendirent des bords de la Mer Noire (où elles venaient peut -être de Sibérie) et allèrent jusqu’en Libye (et l’ Egypte ) ou, partant de la Lybie ,elles montèrent jusqu’à Lesbos et la mer Noire.
Ce ou ces peuples indépendants tout à fait autonomes, avaient leur structure politique et sociale propre.
Le nom Amazones est employé par les Grecs (voir ch. III les diverses étymologies avancées) appelées aussi " Omocènes " (signifiant "vastes" ou "libres") ou oiorpata. (plusieurs significations éégalement).

Le fait d’être une garde prétorienne dans un tel régime n’est sans doute qu’un résidu, un écho, d’une longue histoire qu’on ne fait que commencer à découvrir. C’est cependant certainement un honneur pour ces jeunes femmes d’être, à contre courant de la phallocratie générale, membre d’une garde " impériale ". c’est malheureusement aussi une autre contradiction dramatique qu’elles soient au service d’un tel dictateur, pardon, du Guide de la Révolution.
Historiennes et historiens, journalistes d’investigation, apportez-nous des informations précises, et objectives sur cette garde, ses origines, son organisation, ses statuts, au lieu d’en faire des phénomènes pittoresques et bizarres, bien propres aux fantasmes masculins !
Ce serait intéressant d'en savoir plus sur ces "descendantes" actuelles d'une grande Histoire dont elles sont tout de même des témoins. les a ton interviewées?
Pour ma part, je vous renvoie au ch 14 (p 257 op. cit. Diodore de Sicile, géographe historien, enquêteur et grand voyageur du Ier siècle avant JC) et si vous avez encore plus de courage, lisez Diodore de Sicile, auteur de la Bibliothèque Historique, édition bilingue, Les Belles lettres, Pierre Bertrac, 1994.

Mais de grâce, sortez de l’ornière mythologique ! ! et de vos fantasmes !

Geneviève Pastre©

Et merci à tous ceux et celles qui ont venues voir et écouter Bruno Bisaro vendredi soir pour sa dernière représentation; soutenir les jeunes acteurs, le jeune théâtre dans ces conjonctures si difficiles sur le plan à la fois culturel et économique. Bravo ! c'est un poète chanteur dramaturge et un comédien de premier plan et en même yemps "insolent" ce qui nous rapproche.

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