06 décembre 2007

Merce Cunningham

À Merce Cunningham



L'homme de soixante-dix-sept ans avance en boitant sur la scène
entouré de ses danseurs tant de
tendresse se dégage de lui et il m'invite à faire le même trajet
sur ce terrain absolument vierge, après tant de pas de pieds nus, dont le spectateur sent le contact comme s'il touchait lui-même la paume du pied de la paume de sa main ou de sa bouche, comme s'il était lui-même ce sol et supportait les bonds et les caresses des danseurs
sur ce sol brillant où le plafond immensément haut nous force à nous hausser de toute notre colonne vertébrale jusqu'à lui.

A midi la lumière est diffuse partout, jusqu'au largo
et je nage longuement dans l'air, j'avance des bras et des épaules
Au-dessus du sol
je n'ai jamais connu cet emprisonnement de la vie entre des pages, privée d'air
je ne consens qu'au souffle tactile
dans la fluidité de l'espace.




"Vis à Vis et Invia suivi de l'état poétique", éd. Geneviève Pastre,coll. Les octaviennes 2005

Commentaires

C'est beau ! ...
Simone.

Ecrit par : simone | 07 décembre 2007

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