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18 novembre 2007
Une vue d'ensemble de la situation actuelle
Une vue d’ensemble
Ce qui nous manque trop souvent c’est une vision d’ensemble d’une situation donnée que ce soit en politique ou dans tout autre domaine (relation personnelle, esthétique ou éthique). Peu ont la capacité de pouvoir évaluer à très court, à court et à long terme justement les enjeux, et de les définir. En politique, manque de culture, générale, de connaissances historiques (la république des professeurs) techniques la république de l’ENA), défaut d’informations etc C’est évidemment un domaine immense qui peut faire l’objet des études tout à fait spécialisées’(Sciences politiques) mais qui concerne Mr tout le monde et s’approfondit sans cesse. Il y faut aussi une grande perspicacité, une rapidité d’esprit et une intelligence à la fois abstraite et concrète.
Je ne parle pas ici de la " bête politique " qui a ses propres lois qui vont du goût du bien public il y en et d’illustres, de l’ambition de faire une carrière, au goût du pouvoir personnel qui a toutes ses nuances et ses degrés et peut atteindre le niveau de la bête qui peut avoir le goût du sang. Je parle du citoyen qui a envie de savoir pas seulement à quelle sauce il va être mangé, mais comment fonctionne le système dans l’engrenage duquel il est pris et le cas échéant pour intervenir et le changer, par tous les moyens légaux qui peuvent aller jusqu’à la désobéissance civile (ce qui est légal est-il légitime) : le droit d’exercer librement son esprit critique et d’en tirer les conséquences concrètes.
Et parallèlement aussi en raison du regard biaisé par l’abondance d’infos orientées, tronquées, par la nature des choses même, le désir de convaincre, d’emporter une victoire, un marché ou une décision politique.
Et comme en outre la situation (l’histoire) bouge tout le temps, c’est difficile de suivre son développement car il y a faut une attention constante, qui pèse sur le cours et le poids de notre vie quotidienne professionnelle et affective.
Il me semble que dans le contexte actuel il faut dégager considérer plusieurs points, en vue d’une réflexion :
Ne pas s’en remettre paresseusement et confortablement aux choix de son parti ou de sa famille ou de son milieu social ou socio professionnel, c’est-à-dire du groupe ou de la communauté dans laquelle on se trouve plongé par les circonstances.
Déceler les calculs (qui peuvent être tout à fait honnêtes logiques ou pertinents) et la rhétorique (l’art, de l’éloquence, le charisme de chaque partenaire ou adversaire). Qu’ils servent son intérêt immédiat autant que l’intérêt général.
Peser les arguments présentés et " les idées de derrière la tête ", les situer dans leur contexte dans le temps et dans l’instant immédiat.
Vous me direz qu’il existe des politologues dont c’est la spécialité et qu’il suffit de s’en référer à eux... C’est certain : il est très intéressant et important de les lire ou de les écouter. Mais, se suffire de cela, c’est s’en remettre au " principe d’autorité " et rester dans la dépendance (ce qui est déjà le cas des sciences sociales et humaines qui devraient,selon elles-mêmes, dicter notre conduite la plus personnelle !).
Car il reste à confronter tous ces faits et ces raisonnements à notre éthique personnelle et notre propre choix de société (qui eux -mêmes doivent être fondés en éthique universelle et en raison.)
Enfin dans le rapport de forces, tel qu’est le rapport politique dans une société donnée, il reste le risque, inévitable, du choix d’une politique, d’une action donnée ici et maintenant en vue d’un futur proche, très proche, imminent, et pour une durée donnée et quand même incertaine irréversible. Il faut l’accepter.
Ici, faire confiance à un adversaire ou non : accepter un marché (de dupe ?) : cesser la grève contre une promesse de discussion tripartite, accepter des négociations qui supposent que l’adversaire joue le jeu honnêtement, alors qu’il a annoncé qu’il ne céderait pas quant au fond. Naïveté des représentants d’une partie du
peuple face au cynisme gouvernemental ? chiche dit l’un tope là dit l’autre,marché conclu mais ce qui est valable d’un marché aux bestiaux à l’ancienne, simple geste et qui est l’honneur du paysan, nous en sommes loin. " approchez mes enfants approchez, dit le bon apôtre. Mais nous n’en sommes plus là, pour l’instant. C’est une méfiance tout à fait justifiée des gr2vistes
Enfin considérer les méthodes pratiquées par l’adversaire afin d’interpréter au plus juste ce qui relève d’un choix " tactique " au sein d’une " stratégie ", pour reprendre une langue qui peut encore servir. On peut encore reprendre une formule plus ancienne : " la fin justifie les moyens ", ce qui revient au même.
Aussi que penser d’un leader qui tantôt use d’un argument péremptoire : je fais ce que j’ai promis et que vous avez voté (fidélité à sa propre parole et suspicion jetée sur la cohérence des votants : vous ne savez pas ce que vous voulez, ne venez pas vous plaindre), tantôt avance des projets -inédits ( j’en ai parfaitement le droit puisque je dirige la politique du pays).
Aujourd’hui les messages sont clairs. L’entourage du prince a vite appris la méthode et profite de la leçon et de l’exemple. Il suffit de répéter, c’est un simple apprentissage, un exercice d'application. Le raté de la ministre de la justice annonçant une franchise judiciaire analogue à la franchise médicale est plus vrai que nature) de marcher vite dans la foulée du joggeur devenu coureur de fond.
Ainsi Fillon, lui, sans rire, en tenant son pupitre comme un ecclésiastique sa chaire, se félicite à l’avance de " la remise en mouvement " de la France, sans se rendre compte que cette remise en mouvement peut aussi bien sinon mieux définir les grèves quasi générales que sa politique a générées, ce qu’on appelle un comique de situation.
" Pouvoir se regarder dans les yeux " à la fin de l’année, dit-il d’un ton pénétré, peut signifier ", " on est fier de ce qu’on a fait ", mais qui peut s’entendre, dans un sens tout à fait opposé, comme cle face à face des grévistes face aux CRS aux pouvoirs publics et aux bénéficiaires du paquet fiscal et de tous les avantages accordés aux plus nantis de la finance. Cela peut supposer deux adversaires en train de se défier et de se mesurer. Quiconque a fait une manifestation avec les CRS en face sait parfaitement ce que cela veut dire : " les yeux dans les yeux ".
" Regarder la vérité en face " suppose chez l’adversaire un aveuglement (volontaire,c alculé ou non, une peur de la vie et du combat, " cessez de vous voiler la face ! ". c’est faire un constat absolument réducteur de l’adversaire en s’attribuant toutes les mérites de la lucidité et si ce n’est pas exactement " il faut nettoyer ça au kärcher ", c’est beaucoup plus nuancé et rusé, c’est sous estimer un adversaire qu’on était prêt à juger digne de soi, mais qui déçoit, et qu’on voudrait remettre dans le droit chemin.
Ça sent le sermon et c’est malhonnête parce qu’en politique (digne de ce nom), dans une démocratie et une république, on est censé argumenter du bien commun en partant des intérêts généraux, qui incluent, si je ne m’abuse, les droits sociaux, autant que les droits politiques et juridiques.
Enfin, il n’est pire au que l’eau qui dort…. Si l’on voit ce que je veux dire. Il est passé par ici il repassera par …ici.
Quant à dire que cette grève est politique et n’a donc pas de sens, c’est dénier toute pensée cohérente aux salariés, qui contient forcément
une idée d’ensemble de l’organisation de la cité, et refuser tout droit moral civil et évidemment poltique à l’opposition. Or le droit des partis est l’article 4 de notre Constitution.(voir le site des Mauves). c’est là l’erreur politique la plus grave ; et qui risque bientôt chez le peuple, de plus en plus éclairé, de provoquer un rejet d’un pouvoir si arrogant. S’il tient à ses ors et son or, à ses pouvoirs anciens et nouveaux, à tous ses privilèges, qu’il se souvienne que le peuple a sa fierté, son " orgoglio " comme le dit si fortement d’une façon si sonore l’Italien à propos de la fierté gaie et que sa patience a eu historiquement des limites que des pouvoirs bien légitimes ont eu bien tort de franchir.
Geneviève Pastre©
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