08 novembre 2007

la culture: billet d'humeur

modes de vie, langage et politique





La culture :billet d’humeur
La confusion des mots fait tache d’huile. Et d’huile sale de moteur, pas d’huile d’olive vierge première pression à froid, ou de colza pour moteur(illégale) en ce moment.

Réforme
Il y a déjà eu le mot "réforme". On finit par comprendre que contrairement à l’usage commun, c’est-à-dire changement vers un mieux social et démocratique, il signifie changement vers la régression le retour en arrière, vers les anciennes inégalités et injustices. C’était le pétainisme qui était passé maître dans cette sémantique tordue. Il a fallu que le prince impérial mette les points sur les i ou écrase de ses gros sabots (de luxe) le sens historique de ce terme, le martelant de la voix et du geste pour mieux l’écraser comme une bête nuisible, un vulgaire ver de terre sur le perron de l’Elysée et de Matignon et peut-être bientôt de la Chambre des députés, caméras à l’appui ; pour que nous ne nous trompions plus (Il ajouterait bien plus " jamais " ,mais l’Histoire a bien montré la fin, tôt ou tard, de tous les totalitarismes, fussent-ils masqués rampants ou cyniques, alors il n’ose quand même pas(encore ).

Culture
Quand je lis " culture de résultat ", à propos de nombre fixé par le ministère d’expulsions des Sans Papiers, je frémis. ;. A la limite, on pourrait dire que la culture de résultat dans le domaine policier autoriserait le supplice de la baignoire .ou les réveils à l’aube et le menottage le sparadrap sur la bouche etc Le mot culture est donc mis à toutes les sauces sémantiques et sociologiques et politiques .
Un autre sens des plus récents est " culture d’entreprise ", devenu un concept désignant l’ensemble des us et coutumes, des moeurs caractéristiques du concept d’entreprise.
Les cultures ethniques, les us et coutumes propres à un peuple (manière de manger ou de traiter le corps et la sexualité (ou pourrait donc dire que les mutilations sexuelles des femmes seraient à respecter ou que l’homosexualité est un crime capital) seraient toutes à respecter.
C’est salir le mot culture / pire c’est le dévoyer en s’en servant comme d’un anoblissement de pratiques contraires à l’éthique, au développement de la réflexion sur l’humain dans la société et dans l’expression libre, singulière, interactive, la culture c’est donner à penser, enrichir les échange d’expériences humaines, accroître la capacité de jugement de l’être humain, comme dit très justement Cédric Clapis, dans le Monde du 6 novembre, à propos du cinéma et de l’aide de l’Etat, de sa " politique culturelle ", c’est " aider à vivre, " pas seulement divertir par des produits industriels comme Harry Potter, mais " avertir ".
Faire du chiffre autrement dit plaire au public, " répondre aux attentes du public " selon l’expression du prince impérial soi-même, c’est sous -entendre que la facilité, le divertissement immédiat sont les moyens et la fin de la culture, alors que privilégier cette forme d’expression dite "populaire" au mauvais sens du terme , c'est à dire non intello non élitiste, c’est formater (à des fins politiques) les individus qui" travaillant plus et gagnant plu"s sont assez fatigués le soir pour ne plus êtres capables de consommer autre chose que du prêt à manger prêt à regarder prêt à dormir prêt à baiser, pour pouvoir ne plus se poser de questions.
La culture c’est toutes les formes de penser, d’art, d’artisanat, de création, d’expression musicales, théâtrales littéraires gestuelles etc non directement marchandes des communautés humaines (Même si les créateurs doivent pouvoir vivre de leurs œuvres s’ils en font leur travail, mais c'est un autre aspect du problème,aussi important du reste) ; c’est comment (se) forment le regard, le goût, le jugement, et bien sûr, les politiciens actuels se méfient comme de la peste. De cette potentialité qui leur échappe. Moins on pensera, mieux ça vaudra pour eux. Les jeux du cirque dans la Rome impériale ?mais nous y sommes. En plein dans les formules : s’ils n’ont pas de pain qu’ils mangent de la brioche, pas d’argent pour l’essence qu’ils fassent du vélo, pas de logement qu’ils … Ah ! non quelle imbécile, marmonne le prince impérial et a déjà enchaîné :qu'ils couchent sous la tente ; on a proposé mieux : ajouter un étage à tous les immeubles.
Le terme " culture " ne doit en aucun cas servir de justification absolue d’aucune" manière d’être et de vivre" sociale professionnelle, économique, sexuelle, artistique, etc ; elle décrit un ensemble peut-être cohérent de conduites et de représentations, de " patterns " ; mais pour descriptive qu’en soit la définiton, elle ne peut devenir normative, en raison de sa cohérence structurelle ou structurale ou de sa durée, ni a fortiori pérenne et imposée.
Galvauder le terme culture est rabaisser ce vers quoi tend l’être humain pris dans un réseau de contraintes d’interdictions d’injonctions de sanctions, ce devrait être une incitation à la connaissance de soi la compréhension des autres l’intelligence la dignité, l’ouverture, le goût et la création du beau, l'invention de formes, la voie vers le bonheur modeste de l’être humain, mais bonheur de vivre quand même, vers un élargissement de cette vie pour tous.ce qui ne peut se faire que dans la liberté contre les conventions. Enfin l’éthique fait l’homme avant même toute culture.
Genevieve Pastre©

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