05 novembre 2007
La rencontre
et modes de vie, événements
La rencontre
Une des joies de Cineffable :
des retrouvailles, des découvertes, des visages souriants, des questions bienveillantes et sincères, des exclamations de surprise !
Je ne donnerai qu’un exemple : la jeune femme journaliste qui découvre ENFIN sur mon stand " Ma sœur Mon amour ", la traduction et l’édition que j’ai faite de " Lesbian nuns breaking silence " de Curb et Manahan, (à Naïad Press) en 91 et qui a été boycottée en France, et très peu vendue même par les librairies " spécialisées " où elle est en rayon, noyée dans la masse, jamais exposée en vitrine en promotion en dépit de son succès international et qui vendent donc un exemplaire environ tous les trois ans. Sauf la Procure (du clergé, il faut le faire). Voilà que cette jeune femme le voit sur ma table, s’étonne de son absence dans les librairies en France elle ne l’a vu nulle part !…(Il est en poche partout aux USA) et nous voilà parties dans l’histoire de ce livre irremplaçable si riche si divers, pertinen,t si drôle parfois aussi,(49 témoignages de religieuses qui ont trouvé leur amour de femmes au couvent). Alors pourquoi ? l’Eglise catholique est elle si influente en France? les féministes sont-elles si prudentes, elles qui ont caché si longtemps leur lesbianisme derrière le cache-sexe du féminisme BCBG sous la banière de Simone de Beauvoir ? elle qui ne donnait pas la parole aux femmes sans diplôme incapables de conceptualiser
Et ce n’est pas faute de promotion, même Golias ne nous a pas répondu, nous avons contacté toute la presse, tous les groupes qui pouvaient être concernés. J’ai remué ciel et terre. Si, un très bref article dans le canard enchaîné une revue de femmes suisses des plus modérées qui en a bien parlé, je les ai croisées à Vienne, lors du congrès préparatoire à celui de Pékin et elles m’ont dit (nous descendions du tramway) : merci pour ce que vous faites continuez. Et bien, il est là, ce livre alors que les Françaises toutes tendances confondues ont joué les aveugles
Il est là et moi aussi ! on n’aime pas trop les free-lance en France, il faut être estampillée patentée doctorante ou docteur et théoriser surtout théoriser ! Agrégée de l’université ? faut-il le graver sur son front sur sa casquette ? ça ne suffit donc pas la réflexion indépendante, ça n’existe pas de penser d’une façon valable et documentée intelligente et il faut donc avoir été consacrée par les hautes autorité(officiellement et souvent hypocritement) hétérosexuelles ?
C'est ça votre rage dont vous vous vantez? votre liberté de pensée, et si vous n’aviez que le certificat d’études, vous ne pourriez pas exercer votre intelligence, vous ne seriez pas légitimées, habilitées ? et Griaule, le grand ethnologue, quelle formation avait-il et Schliemann? et Rimbaud, était-il docteur en poésie ? et Socrate ?
Vous ne serez jamais, s’il vous faut les béquilles des institutions, des pionnières; des philosophes, encore moins des poètes ? alors des religieuses, vous pensez, qui racontent leurs expériences peuh! et pas un habillage théorique, sophistiqué et pédant ! !
Oui, oui, j’arrête, je ne supporte ni la médiocrité ni le conformisme ni le politiquement correct ni le béni oui oui même aux doctrines les plus d’avant-garde. Ni la langue de bois ni celle de papier, ni la pompe institutionnelle, avec un chef de travaux et une page de remerciements à des personnes influents, comme caution, oser penser par soi-même !
Aussi quelle joie de parler avec des lesbiennes, non pas " chercheuses ", qui regardent les autres de haut trop souuvent mais qui cherchent honnêtement, souvent avec finesse et justesse,et pertinence; à mieux comprendre le monde et mieux y vivre, et y aimer mieux. J’ai rencontré ou retrouvé des couples exquis ou des femmes seules et bien avec elles mêmes, des jeunes et des plus âgées, et cela m’a donné l'envie et le courage de continuer à penser pour et avec elles, à écrire et à publier. Je sais qu’elles sont là, en France en Allemagne en Suisse en province en banlieue, je les ai observées de loin ou elles m’ont à porter des cartons de livres ou elles sont venues à moi dans cette grande salle bruissante de propos de femmes, m’ont souri et nous avons parlé librement dans la bienveillance réciproque et je les aime.
GnevièvePastre©
19:10 Publié dans Sexualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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