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29 septembre 2007

En passant

De choses et d'autres, est ce bien sûr?




" Ce n’est pas un grand avantage d’avoir l’esprit vif, si on ne l’a juste : la perfection d’une pendule n’est pas d’aller vite mais d’être réglée ".
Vauvenargues


Lu en passant par Geneviève Pastre(copyright)

28 septembre 2007

Orient/ Occident Shusaku Endô/Françoise Pastre

Littérature et modes de vie

Orient/Occident une exposition à Machida Tokyo consacrée à Paul Shusaku Endô
" En collaboration avec quelques professeurs que nous invitons, nous désirons organiser l’exposition Paul Shusaku Endô, du 29 septembre au 16 décembre 2007 au Musée Littéraire de la ville de Machida, qui est à l’ouest de Tokyo. En cette occasion, on voudrait présenter votre sœur, Mme Françoise Pastre, comme une personne très importante pour M. Endô dans sa jeunesse. On croit que
la plupart des gens s’y intéresseraient vivement si on pouvait leur présenter ce thème à l’aide de photos et de lettres.(…)
Nous serions donc très heureuses si vous pouviez nous prêter des photos de Mme
Françoise Pastre.
Et, pourriez-vous nous indiquer s’il existe des lettres de M. Endô à votre sœur ? "
Mme Namiko Kiyohara (conservatrice du Musée)
C’est ainsi que je suis entrée en correspondance avec les organisateurs et que j’ai collaboré à cette exposition.
Il se trouve en effet que Françoise Pastre est ma sœur (maîtrise de philosophie, diplômée de l’ECOLE des Langues Orientales (devenue INALCO) professeur dans plusieurs Universités au Japon (Sapporo et Dokkyo, près de Tokyo).. j’ai écrit sa relation amoureuse et intellectuelle, née en France en 1952 avec Shuzaku Endô dans la revue Mitabungaku n°59 automne 99.
Une salle lui avait été consacrée au Salon du Livre de Paris en 1996. " La Colline de Rouen " a été publiée après son décès, C’était le dernier chapitre du " Voyage en France " écarté de la première édition qui fut retrouvée après sa mort. Ce chapitre s’intitulait " Françoise".
Monsieur Kato Muneya vient de publier une biographie d’Endô où il consacre un chapitre à Françoise Pastre
Cette rencontre qui avait été exceptionnelle est l’exemple non seulement d’un amour entre une Oriental et une Occidentale, mais de la difficulté, voire l’impossibilité, pour l’écrivain de vivre deux cultures.
Retenons qu’il lui écrivit début 53 " tu seras ma conscience au sens kierkegardien ". Elle, avait adopté la culture japonaise et maîtrisé cette langue,elle enseignait, très aimée de ses étudiants, la littérature française de Pascal à Camus; elle avait presque achevé la traduction de " Silence ", Chimmoku " en 1970. Elle concevait l’amour " de conscience à conscience ", si elle avait renoncé lucidement, elle ne résista pas à cette tension extrême provoquée par le retour à une vie entièrement redevenue japonaise de Endô. Elle décéda d’une maladie foudroyante en 1971.
Cette exposition, consacrée à l’œuvre considérable de Endô, " déchiré " entre Orient et Occident, " entre panthéisme et christianisme, entre temps et intemps ", traduite dans de nombreuses langues, a le grand mérite de présenter pour la première fois une partie de leur correspondance,(en particulier des lettres du voyage de Paul Endô lors de son retour au Japon en janvier 2003 sur l'ordre des médecins) et découvertes fin 1999 par Catherine Bruel, notre soeur aînée) de photos et d’autres documents. Que ce Musée et que Madame Endô en soient ici remerciés.

Geneviève Pastre(copyright)

Musée littéraire de Machida
Haramachida 4-16-17, Machida, ToKyo
194-0013 Japon
syougai030@city.machida.tokyo.jp
tél.(81) 42 739 3420
fax.(81) 42 739 3421

les mots et les choses: retour à la philosophie

" Cette discipline de l’indiscipline qu’est la philosophie, sans compter les sciences humaines et sociales ", je note ce morceau de phrase sur un mail ; cela me plaît assez, cette dissociation de l’une et des autres. Il y a une domination des sciences humaines sur la réflexion au sujet de l’homme actuellement, une survalorisation, on va de colloque en colloque, on admire de nouveaux concepts, on les gobe comme des médicaments ou des potions magiques et plus c’est nouveau plus ça plaît. On les brandit comme des règles à penser à se penser soi même, comme des clefs à ouvrir toutes les portes de comportement en particulier sexuel.
C’est d’autant plus chic que ça vient des universités américaines ; cette fascination en paralyse beaucoup. Pour n’en citer qu’un concept, c’est le " gender ", le genre ! alors on croit avoir tout dit, il faudrait un la Bruyère. ou un Molière pour moquer cette moded es nouveaux intellectuels du jour, et les volumes épais parus sur ce sujet capital comment vous ne saviez pas qu’on vous imposait ce carcan, cette gestuelle à vos désirs ? et que sans lui vous seriez incapable d’aimer mais surtout de " penser " correctement ce que vous êtes en train de faire ou d’éprouver.
D’une part si on y regarde de près, il y a longtemps qu’on connaissait cette oppression, qu’on la subissait tant bien que mal ou qu’on en réchappait à nos risques et périls, cette sexualité, c’est-à-dire le sexe social on disait les choses autrement, on parlait de contrainte, d’oppression, mais le genre ah ! le genre, c’est autre chose, un peu le " poumon " de la servante de Molière déguisée en médecin ; mais c’est aussi le " très douloureux " du patient transformé en " hyperalgique " de la science médicale. encore que là, grâce à tous les progrès de la recherche, ce n’est pas le nom qui joue le rôle principal, c’est bien l’efficacité du traitement. Le nom " s’il faut en donner un ", me disait un jour avec finesse un professeur, ne sert qu’à identifier, ce qu’il faut c’est éradiquer le microbe la bactérie. Le corps ne trompe pas. Or dans le cas du " genre " dont on fait justement tant et trop de cas, il ne fait guère avancer les choses sur le plan concret.
Il ne mérite pas en effet toutes ces virtuosités qui rappellent le baralipton de la scolastique des séminaires qui en font l’alpha et l’oméga du " bien aimer. "
D’autre part, la démarche philosophique est beaucoup plus modeste (sauf quand l’esprit de système , ce qui est arrivé souvent au cours de l’histoire l’emporte) elle a moins de présomption. C’est celle de chacun tout étonné d’être au monde et désireux de trouver l’art vivre, la sagesse, avec tous les risques que cela comporte . mais il y faudrait bien plus que cette note !
ce qui n’empêche pas l’engagement politique pour que les lois qui nous enserrent soient moins obtuses, et cruelles, et sottes. Les lois reposent toujours sur toute une philosophie.
Les sciences et le pouvoir politique ne doivent pas obscurcir le sens des ultimes problèmes que chacun se pose, quand il philosophe ni les voiler sous des solutions qui n’en sont pas.
Alors gender ou sexe social, peu importe les termes. soyons sincères avec nous-mêmes, ne renions pas nos choix, cherchons et donnons un sens à nos désirs, essayons de leur donner leur juste place dans les sociétés au lieu de nous perdre dans des élucubrations stériles ; En quoi toutes ces théories nous aident-elle à mieux aimer l’objet de nos désirs ? tout est là .
Geneviève Pastre©

26 septembre 2007

Octavie (extrait)

modes de vie, vivre, dire, écrire l'éblouissement


Le passage du Nord Ouest
"Toutes les bougies s’allument d’un seul coup Les pendules se remettent en marche Les mains descendent lentement descendent remontent et cette bouche-là s’ouvre sans s’approcher à la vitesse lente de son consentement Je m’approche la première tu t’approches la première Ce chemin est très long très bref très étroit j’ai trouvé
j ‘ ai t r o u v é
J’AI TROUVE
TROUVE
LE PASSAGE DU NORD-OUEST
DE TON DÉSIR


Les carrefours
J’avance tu avances j’entre dans le creux de ta
Main j’entre dans ta
Bouche j’entre dans l’ombre
douce j’entre dans ton
oreille je ne dirai pas toutes les fentes inconnues de tous par où nous entrons en nous j’entre dans les combinaisons sacrées de nos désirs".


un poète acteur Bruno Bisaro, dit et joue " Octavie ou la deuxième mort du Miotaure" le vendredi 5 10 07 (voir une note précédente ou http://brunobisaro.blogspirit.com).
voir aussi www.gpastre-editions.com on peut se procurer le livre en le commandant directement aux éditions ou dans les bonnes librairies (bien sûr!) ou par adventice.com

25 septembre 2007

Entre ironie et humour

De l’ironie à l’humour

" Une personne glisse sur une peau de banane : elle rit, c’est de l’humour.
Dix personnes glissent sur dix peaux de banane devant un homme, s’il rit, c’est de l’imprudence ".

Vous pouvez comparer avec la féroce ironie à la française (voir note précédente) où la personne visée est toujours un autre que soi.

Geneviève Pastre©
mais ça vaut-il un copyright ? entre l’ironie et l’humour du lecteur, on ne sait jamais : que vaut-il mieux ? être la victime de l’ironie de ce dernier ou être son complice, en " gais pessimistes " ?

le coin bibliothèque de Marion Page

A PROPOS DE
LE REMPART DES BEGUINES
De Françoise MALLET-JORIS
Julliard 1951



Françoise Mallet-Joris a 21 ans quand elle publie son premier roman Le Rempart des béguines, quelques années avant Bonjour tristesse de Françoise Sagan (1954 Julliard). Elle est mariée et a un enfant. Pourquoi ce sujet, l’histoire amoureuse de deux femmes, pour un premier roman ? Elle s’est toujours défendue d’avoir vécu une telle relation.

L’héroïne est une adolescente de bonne famille qui s’appelle Hélène et a 15 ans. Hélène vit entre son père veuf et la cuisinière Julia. On peut penser à Claudine à l’école de Colette, car Hélène va (théoriquement) au Cours, à la différence près que, contrairement à Claudine, Hélène s’ennuie, que ce soit à la maison, au Cours, ou en se promenant au parc voisin. Elle n’est sourdement que critiques, refus, rébellion…Elle a un père bienveillant mais qui la néglige au profit de ses affaires et de ses ambitions politiques. Ce père a une maîtresse, Tamara, qu’Hélène finira un jour par rencontrer. Tout au long du roman l’héroïne va s’éveiller à la vie et à elle-même.

Il y a là une belle écriture et bien du talent, que ce soit dans la description de l’adolescence d’Hélène, dans celle de la petite ville belge où elle vit avec son père, ou dans son attirance pour une femme plus âgée, ce que nous avons sans doute toutes connu. Plus que de sexualité et d’érotisme, pauvrement réduits à quelques scènes sado-maso et l’inévitable visite dans un bar de gouines repoussant, ce livre traite plutôt de la quête identitaire et du passage à l’âge adulte.

Le personnage de Tamara, jeune femme artiste et aventureuse qui finira par se faire entretenir puis épouser par le père d’Hélène, au grand dam de cette dernière, est un personnage riche et intéressant. Les trois protagonistes, bien campés, s’éclairent les uns les autres avec talent. Voilà un vrai premier roman, supérieur à mon avis à Bonjour tristesse. Tous deux ont eu un succès retentissant à l’époque.

En 1958 Françoise Mallet-Joris publie, toujours chez Julliard, L’Empire céleste, prix Femina 1958. La Maison de papier (Grasset1970), où elle décrit sa vie de femme et son métier d’écrivain connaîtra un énorme succès. La même année, elle entre à l’Académie Goncourt.

Mais l’écrivain a aussi un goût prononcé pour l’histoire, elle écrira une biographie (Hachette 1964) de Marie Mancini, le premier amour de Louis XIV, une de Jeanne Guyon, veuve mystique du 17°siècle, amie de Fénelon (Grasset 1979), et abordera celle de Marceline Desbordes-Valmore, poète flamand, dans son roman La Double confidence (Plon 2001).

Elle s’intéresse aussi à la chanson, car tout langage est important. Parolière, avec Michel Grisolia, de Marie-Paule Belle, ils signeront tous les trois la fameuse Parisienne, et bien d’autres succès de la chanteuse.

Françoise Mallet-Joris a la double nationalité belge et française Un film a été tiré du roman : Le Rempart des béguines par Guy Casaril en 1972, avec Anicée Alvina (Hélène) et Nicole Courcel (Tamara)

Fille d’avocats et d’écrivain, en 1993 elle est élue à l’Académie de langue et de littérature française de Belgique au fauteuil de sa mère, Suzanne Lilar. Dans son discours de réception elle confie Je voudrais que l’on pût écrire des deux mains et que chacune écrivît le contraire de l’autre. Elle avait commencé à écrire de la main gauche le Rempart des béguines, on peut regretter qu’elle n’ait pas donné suite.


Marion Page

22 septembre 2007

Divertissement du week end

Simple divertissement pour le week end

" Un beau jour au fond d’un vallon
Un serpent piqua jean Fréron
Que pensez vous qu’il arriva ?
Ce fut le serpent qui creva "

Jeu de société : changez le nom propre en tel autre nom de votre choix(qui ne peut être bien sûr celui de vos amis ou des gens que vous avez en estime). Pour assurer la rime il suffit que vous changiez le dernier mot du premier vers : pour" vallon" , vous pouvez mettre : prairie, champ colline bois pré ravin etc et, selon les besoins, évidemment, il faudra remplacer "fond" par le le terme adapté.
A vos plumes acérées!

Ce piquant épigramme est, vous l'avez reconnu, de Maris- Franois Arouet dit Voltaire.

Jeu proposé par Geneviève Pastre©

Jean Fééron était un journaliste et polémiste,très conformiste,qui vait le premier attaqué Voltaire dès1749, dans éLettre sur quelques écrits de ce temps"
pour en savoir plus voir: Voltaire, oeuvres choisies, L. Flandrin, Hatier, 1937; p.743.

les hommes politiques et la sanction de l'histoire

A propos de quelque défenestrations de sans-papiers sur le sol français poursuivis à leur domicile par la police d'Etat "pour faire du chiffre"

Discours sur l’histoire de Charles XII (1731)

" Si quelque prince ou quelque ministre trouvaient dans cet ouvrage des vérités désagréables, qu’ils se souviennent qu’étant hommes publics, ils doivent compte au public de leurs actions ; que c’est à ce prix qu’ils achètent leur grandeur ; que l’histoire est un témoin et non un flatteur ; et que le seul moyen d’obliger à dire du bien de vous, c’est d’en faire "
Voltaire

18 septembre 2007

et le contexte? Le contexte!

Et le contexte ? le contexte !
La mésaventure de Frêche traitant les harkis de sous- hommes avait été interprétée à contre -sens. On l’a acquitté pour une autre raison , mais je ne reviendrai pas là-dessus, j’ai expliqué mon point de vue dans une des notes précédentes. Et voilà que ça recommence à propos de Ségolène Royal citant la Bible et qui se fait traiter de " Sainte Ségolène " par Libé.(A moins que chez le journaliste ce ne soit de l'humour au deuxième degré) Sans compter je ne sais quelle émission de télé qui fait passer en boucle sa phrase: " Pardonnez leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils disent". Mais bon sang de bon sang, les journalistes ne connaissent plus une des formes majeures de la langue : l’ironie, l’humour, la dérision, l’esprit et toutes leurs nuances techniques qui consistent à dire le contraire de ce qu’on pense, à marquer l’écart entre le sens et ce qui est proféré par une insistance ou une rupture de ton, une chute en fin de phrase d, un éclat de rire (la liste des procédés est très longue, l'effet de surprise, qui provoque le rire en est un élément principal) . L'ironie fait toujours appel à l'intelligence du lecteur qui mentalement rétablit le sens réel. La politiquement correct nous aurait fait tant de mal, ou les Français auraient –ils perdu l’esprit, j’entends au sens de " avoir de l’esprit ? (.Au moins Ségolène Royal n'en manque pas)
Je suis vraiment en colère, avez-vous lu les Provinciales, Montesquieu, les Lettres persanes, le chapitre sur l’esclavage, Voltaire, le maître en ironie ? Tout prendre au pied de la lettre, c’est ânonner et ce sont des gens qui seraient prêts à obliger des immigrés à parler français avant d'entrer en France ; le grand -père de Sarkozy savait-il de français ? c’est possible les aristocrates de l’Europe apprenaient tous le français avec leur gouvernante. Et Sarkozy, s’il lui advenait (ce qu’à dieu ne plaise) d’avoir à se réfugier en Hongrie, y serait-il admis, puisqu’il ne parle pas sa langue " d’origine "( du moins c’est ce qu’ont dit les journalistes qui ne se trompent jamais ) A moins que les lois hongroises soient plus humainesque les nôtres (ce que j’ignore également).
Trop c’est trop.
Et que dire des tests d’ADN, tous les Français ayant les quatre grands- parents français comme sous les lois de vVchy, et qui sont nés de relations cachées, peuvent de faire du souci ! je croyais que nous avions tourné la page Non je dois lire de travers comprendre de travers. Jusqu’à quand allons nous supporter, nous, les votants qui avons soutenu Ségolène Royal (malgré ses faiblesses qui n’en a pas, parmi les meilleurs candidats ?), nous, notre très grosse minorité, ces gens qui se jettent sur leurs adversaires remplis d’eux-mêmes, aigris, gonflés de vanité prompts à la jalousie, sots et goujats, se rendre odieux et ridicules en usant de tous les moyens ramassés dans le caniveau. Ils se discréditent d’eux–mêmes, ils disqualifient. Et peut-être sont-ils non pas de mauvaise foi, mais d’un esprit limité, ce qui est mauvais augure pour des politiques ou des journalistes chargés eux de nous informer. En tout cas il faudrait leur donner des cours du soir sur le bon usage et les ressoucres de la langue française et sur l’éthique des hommes publics,avant de juger à tort et à travers et faire l'inacceptable.
Geneviève Pastre ©

17 septembre 2007

LANGUES 2

modes de vie culture éducation



LES LANGUES 2
Il y a une autre question, que j’aimerais soulever, c’est celle du grec et du latin, du vieux français (ou pourquoi pas du hittite ou du sanscrit ou du slavon ou des langues de familles non indo-européennes, le chinois le japonais le finnois la hongrois langue finno-ougrienne le hindi) dans les collèges et lycées. Avec la logique étroite de beaucoup de gens, je serais en contradiction avec mes propositions sur l’orthographe et bien non précisément, car ce serait un élargissement de nos conceptions assez figées, sclérosées même de la structure de notre langue.
C’est bien à cause de notre méconnaissance d’autres systèmes grammaticaux que nous n’osons pas innover. (J’ai proposé de supprimer la notion de " faute " et de la remplacer par variable ou variante ou écart). Il m’est arrivé dans une note précédente de mettre au singulier un verbe après deus sujets dans une phrase assez longue. J’ai un peu fait exprès de le laisser pour taquiner le lecteur ravi de me prendre en faute, moi, une latiniste, helléniste et grammairienne. Je me suis souvenu, en effet, qu’en latin classique, c’était tout à fait admis. Et puis le lendemain j’ai sans doute eu tort de corriger selon l’usage français actuel, en mettant un pluriel
C’est notre monde qui est trop étroit. Il devrait prendre connaissance et conscience, non seulement de la multiplicité des langues contemporaines, et en apprendre, mais aussi de celles du passé dont nous dérivons Et pour cela rien de tel que de connaître les langues dites " mortes ", c’est-à-dire qui ne sont plus en usage.
Je lis dans " L’avenir des langues un excellent livre de pierre Judet et Heinz Wismann dans " Repenser les Humanités " chez Cerf
On dit souvent que le " bon français " se perd, que les règles grammaticales, la précision des formes verbales et des relations sémantiques qui font de la langue un tout clairement différencié (un système)sont négligées, c’est-à-dire considérées comme moins contraignantes. Cet affaiblissement du contrôle que les locuteurs exercent sur leur manière de parler s’accompagnerait d’une ignorance accrue de la littérature, du patrimoine linguistique, que l’on trouve chez les bons auteurs, qu’on ne lit plus ou moins.
"Un tel verdict est clairement erroné pour ce qui est de la diffusion de la lecture ; beaucoup plus d’élèves ont accès à la littérature que par le passé. La culture (…) s’est démocratisée. Ce verdict repose sur une conception très étroite de la langue et de la littérature maternelles. Il tend, comme si elle à les considérer comme figées, déjà parfaites et normatives, des modèles comme si elles n’avaient pas d’histoire
si elles et leur durée ne devaient pas leur existence aux innovations, qui périodiquement les ont secouées et refaites.
(…) Nous avons l’intuition que dans les échanges, il ne s’agit pas seulement de correction, de maîtrise mais d’authenticité, d’engagement plus ou moins grand de soi-même et d’autrui dans ce qui est dit. "
Grâce à des langues étrangères, nous apprenons que la traduction littérale est quasiment impossible qu’il s’agit le plus souvent d’une transposition. Les langues anciennes nous invitent à regarder en arrière et comme nous envoyons des sondes au pôle Nord pour récupérer de la glace datant de millénaires, le contact avec les termes et le style d’Homère ou la langue d’Eschyle nous fait entrer directement dans la civilisation même, par la profération, l’étrangeté si proche de ces textes.
Ce n’est pas un luxe réservé à une élite et dont l’Education nationale n’aurait pas à faire les frais. Nous sommes dans le domaine d’une des formes fondamentales de l’être humain. Les langues ues sous cet angle, un lycéen ou une lycéenne, justement dans leur jeunesse, sont tout à fait sensibles à cette beauté qui les frappe de plein fouet à travers les siècles
Leur vision du monde en est singulièrement élargie ; il faut donner le meilleur aux jeunes, cette connaissance-là en fait partie. Les langues à l’échelle de la planète et au long de notre Histoire commune et si diverse sont une dimension et une valeur non négligeables. Ne coupons pas les ailes aux jeunes esprits.
Geneviève Pastre©

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