28 septembre 2007
les mots et les choses: retour à la philosophie
" Cette discipline de l’indiscipline qu’est la philosophie, sans compter les sciences humaines et sociales ", je note ce morceau de phrase sur un mail ; cela me plaît assez, cette dissociation de l’une et des autres. Il y a une domination des sciences humaines sur la réflexion au sujet de l’homme actuellement, une survalorisation, on va de colloque en colloque, on admire de nouveaux concepts, on les gobe comme des médicaments ou des potions magiques et plus c’est nouveau plus ça plaît. On les brandit comme des règles à penser à se penser soi même, comme des clefs à ouvrir toutes les portes de comportement en particulier sexuel.
C’est d’autant plus chic que ça vient des universités américaines ; cette fascination en paralyse beaucoup. Pour n’en citer qu’un concept, c’est le " gender ", le genre ! alors on croit avoir tout dit, il faudrait un la Bruyère. ou un Molière pour moquer cette moded es nouveaux intellectuels du jour, et les volumes épais parus sur ce sujet capital comment vous ne saviez pas qu’on vous imposait ce carcan, cette gestuelle à vos désirs ? et que sans lui vous seriez incapable d’aimer mais surtout de " penser " correctement ce que vous êtes en train de faire ou d’éprouver.
D’une part si on y regarde de près, il y a longtemps qu’on connaissait cette oppression, qu’on la subissait tant bien que mal ou qu’on en réchappait à nos risques et périls, cette sexualité, c’est-à-dire le sexe social on disait les choses autrement, on parlait de contrainte, d’oppression, mais le genre ah ! le genre, c’est autre chose, un peu le " poumon " de la servante de Molière déguisée en médecin ; mais c’est aussi le " très douloureux " du patient transformé en " hyperalgique " de la science médicale. encore que là, grâce à tous les progrès de la recherche, ce n’est pas le nom qui joue le rôle principal, c’est bien l’efficacité du traitement. Le nom " s’il faut en donner un ", me disait un jour avec finesse un professeur, ne sert qu’à identifier, ce qu’il faut c’est éradiquer le microbe la bactérie. Le corps ne trompe pas. Or dans le cas du " genre " dont on fait justement tant et trop de cas, il ne fait guère avancer les choses sur le plan concret.
Il ne mérite pas en effet toutes ces virtuosités qui rappellent le baralipton de la scolastique des séminaires qui en font l’alpha et l’oméga du " bien aimer. "
D’autre part, la démarche philosophique est beaucoup plus modeste (sauf quand l’esprit de système , ce qui est arrivé souvent au cours de l’histoire l’emporte) elle a moins de présomption. C’est celle de chacun tout étonné d’être au monde et désireux de trouver l’art vivre, la sagesse, avec tous les risques que cela comporte . mais il y faudrait bien plus que cette note !
ce qui n’empêche pas l’engagement politique pour que les lois qui nous enserrent soient moins obtuses, et cruelles, et sottes. Les lois reposent toujours sur toute une philosophie.
Les sciences et le pouvoir politique ne doivent pas obscurcir le sens des ultimes problèmes que chacun se pose, quand il philosophe ni les voiler sous des solutions qui n’en sont pas.
Alors gender ou sexe social, peu importe les termes. soyons sincères avec nous-mêmes, ne renions pas nos choix, cherchons et donnons un sens à nos désirs, essayons de leur donner leur juste place dans les sociétés au lieu de nous perdre dans des élucubrations stériles ; En quoi toutes ces théories nous aident-elle à mieux aimer l’objet de nos désirs ? tout est là .
Geneviève Pastre©
02:42 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Nous vivons dans l'ère du tout à penser, du tout à digérer, du tout à assimiler: cf la collection: "Windows pour les Nuls" ou autres "L'art pour les Nuls" et, véridique: "La culture pour les Nuls"! Comment réduire la culture de tout en chacun en un vademecum universel? Devons nous être tous "informativement" formatés? La norme est-elle un sujet en devenir? Des "livres" tels que "Les femmes viennent de Vénus, les hommes de Mars", qui ont rencontré un certain succès, ne sont-ils point là pour abêtir la vision que l'on peut avoir des uns des autres? Chacun rangé dans sa case normativo-sociale? Je pense que nous subissons une sous-culture des libertés individuelles au nom du médiatico-socialo-normatif... Les normes sont la mort de toute évolution... Résistons... Loin des gourous, nous agissons en âme et conscience!
Ecrit par : Olivier Lise | 28 septembre 2007
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