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30 juin 2007
Des Gay Pride Lille: les Flamands roses
politique sexualité modes de vie expressions solidarités intelligence du sexe volonté de vivre gaîté une leçon pour certains hétéros donneurs d'ordres et de leçons etc
Je reçois le comuniqué ci dessous de mes amis de Lille et je vous le transmets illico très volontiers. mais j' y étais, à la terrasse d'une café, bd saint Michel et j'ai participé à la liesse générale et sans arrières pensées de cette foule joyeuse pleine d' une vitalité communicative
une de mes amies quis 'est présentée à mes côtés aux élections dans le parti des mauves( qui n'a pas été invité à cette marche) m'envoie une photo et m'écrit "il ne manquait plus que toi à côté de bertrand delanoé "eh non je ne suis pas en grâce auprès du comité d'organisation, ayant osé créé un parti indépendant (voir le site en lien) mais nous n'avons pas dit notre dernier mot car j'ai et nous avons des choses à faire passer (au lieu de les garder,comme certains, en travers de la gorge )
voici donc le exte des Flamands roses:
" Nous manifestons aujourd’hui à l’occasion de la marche des fiertés de la lesbian and gay pride de Lille.
Quoi qu’en pensent certaines personnes ou certaines institutions (administrations, police,justice, école, santé) nous n’avons pas honte de ce que nous sommes : lesbiennes, gais, bis,trans. Nous sommes fierEs. Notre présence dans la rue commémore les événements survenus à New York en 1969 : alors qu’elle débarque dans le Stonewall Inn, un bar fréquenté par des homosexuelLEs et des transsexuelLEs, la police doit affronter la résistance de la clientèle qui refuse de se soumettre à ce contrôle. Les affrontements durent plusieurs jours autour d’une barricade dressée devant le bar.
La lesbian and gay pride célèbre donc un soulèvement des personnes LGBT contre la répression et le contrôle policiers. En France, depuis 1982, il n’y a plus, officiellement, de fichage des homosexuelLEs par la police. Cependant, nous sommes régulièrement témoins de contrôles policiers sur les lieux fréquentés par des homosexuelLEs. Nous constatons aussi que les lois sécuritaires comme celle pénalisant le racolage passif criminalisent une partie de la population LGBT déjà précaire. Cette loi est parfois utilisée pour empêcher les acteurs de prévention santé de faire leur travail sur le terrain. Cependant, encore, nous assistons depuis plusieurs années à une criminalisation croissante des militantEs politiques et syndicauxLES. Venir en aide à une personne sans-papier, la loger, la nourrir, sont par exemple des délits. Il ne s’agit pourtant que d’une attitude humaniste. Nous ne faisons pas de hiérarchie dans nos luttes. Il existe un important fichier de police avec photos, prélèvements d’empreintes digitales et d’ADN. Nous refusons le contrôle et le fichage de nos vies. L’histoire nous enseigne que cela peut conduireau pire : ainsi Pierre Seel fut arrêté par la gestapo pour homosexualité, puis déporté, sur la base d’un fichier de la police française. Quelques mois plus tôt, en effet, il avait signalé qu’on lui avait volé sa montre dans un parc et la police avait rajouté à sa déposition la mention que ce parc était fréquenté par des homosexuels.
Nous manifestons aujourd’hui contre l’homophobie et la transphobie. L’homophobie est la haine ou l’hostilité contre les homosexuelLEs. La transphobie est la haine ou l’hostilité contre les transsexuelLEs. Elles peuvent prendre diverses formes, des plus insidieuses aux plus brutales : discriminations, propos vexatoires, insultes, diffamations, chantages, violences, agressions physiques, coups et blessures, viols, meurtres. Elles se manifestent aussi sous forme intériorisée : haine de soi, mal-être notamment lorsqu’on se découvre homosexuelLE ou transexuelLE et peuvent conduire au suicide. L’homophobie et la transphobie peuvent se manifester partout : en famille, sur le lieu de travail, à l’école, dans la rue, par le voisinage, etc.
Nous manifestons contre la psychiatrisation des transexuelLEs. L’homosexualité n’est plus une maladie mentale pour l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 1990, alors que la transsexualité l’est toujours. Les transsexuelLEs n’ont pas le choix de leurs m’edecins traitants. De plus, de nombreuxSES transsexuelLEs sont traitéEs psychiatriquement pour homosexualité . Nous manifestons aujourd’hui en solidarité avec toutes les personnes LGBT du monde entier qui n’ont pas cette liberté. L’homosexualité réelle ou supposée est passible de peines de prison ou de mort dans plusieurs pays.
Parallèlement, nous sommes solidaires des EtrangerEs en France. Nous demandons la régularisation de touTEs les sans-papiers sans condition. Nous exigeons l’abrogation de la loi ceseda sur l’entrée et le droit de séjour des EtrangerEs en France. Nous nous indignons notamment des expulsions d’EtrangerEs malades. Par exemple, les personnes étrangères séropositives vivant en France sont dans une situation très difficile ; elles sont souvent précaires. Avec la loi ceseda et ses circulaires, celles-ci n’ont plus aucun droit de séjour en France si un traitement est théoriquement disponible dans la capitale de leur pays d’origine. Bien entendu cela ne signifie en rien qu’une fois expulsées, ces personnes auront accès à ce traitement. Leur expulsion les condamne donc à mort. De plus la loi prévoit une violation du secret médical puisque les préfets devront être informés par les médecins. Nous sommes très inquietEs de l’évolution de la situation des EtrangerEs en France telle qu’elle sera gérée par le nouveau ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement. Nous n’avons aucune fierté nationale.
Nous remarquons que les marches des lesbian and gay prides rassemblent partout un très grand nombre de manifestantEs : plusieurs milliers à Lille, plusieurs centaines de milliers à Paris. `A l’Etranger aussi : la marche pour l’égalité qui a eu lieu à Varsovie en 2006 a été la plus grosse manifestation dans ce pays depuis 1989 tous motifs confondus. Pour autant, les revendications portées par ces manifestantEs sont-elles entendues `a hauteur de leur nombre ? Il est trop facile de ne retenir de nos marches que leur aspect de carnaval festif. Il ne faut pas s’y méprendre : c’est le droit de faire la fête que nous revendiquons, ainsi que le droit au bonheur et celui de vivre notre sexualité et notre genre librement. Si nous, lesbiennes, gais, bis et trans faisons la fête publiquement aujourd’hui, ce n’est pas dans le souci marketing de faire de belles images médiatiques, mais pour protester contre l’homophobie et la transphobie et leur opposer notre fierté.
Nous ne sommes pas dans la rue pour servir de cible électorale aux éluEs ni de cible
commerciale aux marchands. Le libéralisme économique précarise un grand nombre de personnes LGBT. Au printemps 2006, il y a eu une mobilisation de plusieurs semaines contre la loi dite de “l’égalité des chances” qui a abouti au retrait du contrat première embauche par le gouvernement.Rappelons que ce contrat prévoyait une longue période pendant laquelle un employeur peut licencier son employéE sans motif. Les personnes LGBT auraient été particulièrement exposées à de tels licenciements. En effet, un employeur homophobe ou transphobe licencie parfois unE employéE uniquement en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. Le licenciement a souvent lieu pour un tout autre motif, qui n’est qu’un prétexte, et suit généralement une période de harcèlement visant à conduire l’employéE à la démission.
Nous manifestons pour porter nos revendications d’une nouvelle société, libre, commençant par l’’egalité des droits pour toutes et tous (notamment le mariage, la lesboparenté, la gaiparenté et la transparenté) sans distinction d’orientation sexuelle ni d’identité de genre.
Nous ne sommes pas dans la rue pour donner une bonne image de nous-mêmes face à celles et ceux qui voudraient vivre heureuxSES en nous cachant. Nos plumes et nos paillettes sont un hommage rendu à toutes celles et ceux dont le courage et le mauvais genre ont ouvert la voie vers l’égalité de toutes et tous, en particulier pour les homosexuelLEs et les transsexuelLEs.
Lille, le samedi 2 juin 2007. Les Flamands Roses
merci mes ami/es!!! genevieve pastre
"Les Flamands Roses" constituent un groupe d'expression gaie et lesbienne. http://www.lesflamandsroses.com Centre Lesbien, Gay, Bi et Trans de Lille "J'En Suis, J'Y Reste", 19 rue de Condé 59000 Lille (métro Porte d'Arras) tél.: 03.20.52.28.68. Ils animent "Homosapiens", l'émission qui pense homo, le dimanche de 21h à 22h sur le 106.6 FM et via Internet : http://www.campuslille.com. Pour vous désabonner de la liste de diffusion, il vous suffit de l'indiquer à ce mail.
Pour vous inscrire à la newsletter, envoyez un mail à lesflamandsroses@yahoo.fr avec en objet " inscription newsletter".
21:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 juin 2007
Les Français (et les autres) déçus par leur vie sexuelle
la sexualité dans les sondages dans la presse de proximité
Un sondage (une étude Durex) publié dans le Parisien hier article signé Alexandra Echkenazi et interview de Lucy Vincent neurobiologiste.
Je vais faire court (pour une fois) : L’immense majorité des Français déçus par leur vie sexuelle ?
alors plusieurs solutions ou remèdes:
celle proposée par le quotidien: comment fabriquer de l'ocytocine pour avoir du désir.c'est fou comme c'est tentant et ga i(attention pas gay):
Avec le même partenaire changez de,position, de lit de couleur de vos draps d’éclaira ge de parfum de liquette ou de pyjama, de côté dans le lit, déplacez-le, faites l’amour à la cuisine, buvez avant, mangez après, allez-voir votre psy ou votre gynéco, ou votre andrologue, comptez les fleurs au plafond ou sur le drap.
Racontez-vous des histoires : par ex que c’est un(e) autre partenaire, que c’est une femme et non un homme et vice- versa.(un gai me parlant de sa vie conjugale d'avant me disait" avec des fantasmes,on s'arrange toujours çe pouvait aller! "
deuxième solution (mais il n'en est pas question)
Changez de partenaire !
la troisième(alors là hors sujet!!)
Chingez de sexualité donc de partenaire et du même sexe que vous ; oubliez toutes les histoires qu’on vous a racontées pour vous faire peur, on ne dit plus que cela rend sourd ou que vous brûlerez en enfer pendant l’éternité, mais on le dit autrement : ce sera l’enfer sur terre dans votre famille votre métier avec vos amis vos enfants (ceux qu vous avez déjà) et vous aurez peut-être de bonnes, de joyeuses surprises !
Mais les psy et sociologues de service s’entêtent, les journalistes aussi, quant aux partis ils restent plus que prudents, on brandit qui sa femme, qui son mari, sa compagne ou son compagnon ou, d’un air négligent, l’on se dit célibataire.
Cette alternative n’est pas comprise dans le programme des sondages sans doute. (Pas plus que le changement de sexe)
Si vous n’êtes vraiment pas comblé(e), changez de sexualité ; dans notre monde en mouvement, et qui veut la rupture,( en a –t-on entendu parler de celle-là), l’hétérosexualité serait-elle donc la seule chose immuable ?
Allons donc !
Beaucoup ont simplement peur !
Mais si vous êtes pleinement satisfaits, n’empêchez pas les autres d’être heureux.
A quand un prochain sondage qui ose poser toutes les questions sans exclusion, na-tu-rel-le-ment.
C’est tout pour ce soir
Bonsoir et à demain !
Geneviève Pastre ©
23:30 Publié dans Sexualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26 juin 2007
la machine à décerveler
modes de vie et sexualités
La machine à décerveler : autour de l’homoparentalité
Agaçantes ratiocinations dans un des Mondes récents sur la parenté, la sexualité le sexe, les liens parentaux, c’est une machine à moudre des argumentations alambiquées pour vous dire en une page du quotidien ce qu’on pourraitdire en deux mots: pourquoi votre fille est muette.
Elle parlera si on lui donne l’amant(e) de son choix au lieu de lui faire prendre le mari que veut lui imposer son père. La comédie sociale est bien ficelée. Si bien ficelée même qu’on a plaisir à la jouer d’une façon qui se voudrait virtuose mais qui n’est qu’emberlificotages dignes des joutes scolastiques sur le sexe des anges. Le mâle caché quoi ou l’amant du mari ; et pfuit plus rien cherchez le bien. Envolé.
Le seul fait direct incontournable est l’accouchement. Après plus rien ne peut être prouvé. Les substitutions d’enfants sont possibles. La paternité peut être prouvée maintenant, Mais il y a si peu ! et les enfants nés de viols (même conjugaux), la liste serait longue… mais il y a des enfants heureux(et pas forcémen tdans le modèle traditionnel dit normal ) ; et d’autres atrocement malheureux, perdus dans notre monde insensé et cruel ; victimes des adultes et de leurs systèmes…
Alors trêve de contorsions argumentaires. Qu’il faille en effet des spermatozoïdes et un utérus, pour faire un être humain, c’est encore incontournable, le reste est culture. Les êtres humains ont organisé leurs parentés et leurs filiations de plusieurs façons souvent arbitraires et tarabiscotées. Mais justement, s’il fallut une longue durée avant que des règles soient fixées, il y a bien eu un moment où elles furent inventées ! pourquoi ne pas y ajouter notre part ?
Je prône donc la liberté de modifier ces combinaisons en faveur de la liberté et de la volonté des je-sujets en particulier pour les couples femmes/femmes et hommes/hommes et la fin de ces palabres creux pour imposer des modes de vie de filiation figés archaïques et arbitraires
Vivons, inventons nos amours, hardiment et avec joie. Ayons la parole et non le discours. Chantons-les, disons-les, racontons-les !
Il vaut mieux vivre (heureux) contre les règles que mourir (d’ennui, d’autosatisfaction et de mensonges) selon les règles
Geneviève pastre©
L’article est signé Sylviane Agacinski, paru dans le Monde du 22 juin sour le titre " l’homoparentalié en question "
20:26 Publié dans modes de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 juin 2007
Miscellanées poésie et marché
modes de vie arts
Miscellanées
La poésie place Saint Sulpice
Seconde perspective, perplexité
Marché de la poésie, poésie en vente sur un marché, poésie à l’étalage, entrez regardez feuilletez et achetez bonnes gens ! de petites maisons d’éditions, des éditons minuscules au sens propre du mot, des textes rares, du beau papier, des pages agrafées avec du raphia, ou des tirages rares, une variété pour les mateurs du beau texte et matériau, et puis des plus modestes qui privilégient le texte au beau, question d’argent.
Des classiques aussi y compris l’almanach d’Ubu Roi de Jarry ou Eparpillements de Natalie Barney préfacé par François Chapon,
Des centres culturels un peu égarés ou nouveaux ici. Il y a des gens subventionnés et d’autres non, par volonté ignorance ou rejet du dossier de la région ou du CNL. ou d'autres autorités. c'est le jeu.
On descend en effet alors dans un monde souterrain, invisible du naîf un monde de réseaux, de personnes, de choix d’idéesn d'esthétqiue eou de partis.
J’en ai fait l’expérience dans les années 70 pour obtenir des aides pour mon théâtre ma " compagnie Geneviève Pastre " qui avait monté de grandes pièces (la Chose on aurait dit des idées arrêtées en route, le Voyage Rimbaud faim et soif jouées dans la précarité misère et grandeur : ici ou là petites scènes Paris, plus grandes scènes paris banlieue) entre 72 et 78). Et démarches auprès de Jussieu (Veinstein) et Censier (Ringhardt et madame Uebersfield), la Cartoucherie les Athévains, Avignon et aussi des gens de théâtre d’une sensibilité analogue à la mienne mais dans un non-dit favorable aux copinages. Tout un ensemble assez mêlé à déchiffrer. Une chose au moins était claire car elle m’avait été dite, il y eut une époque PC, il fallait un " discours " et j’apportais une " parole " !j’obtins enfin des répétitions possibles aux Amandiers de Ménilmontant un accueil inattendu et chaleureux, un spectacle public, un oui de l’admirable Peter Brook pour jouer aux Bouffes du Nord dans un délai d’une année. Mais il fallait tenir un an avec une dizaine de comédiens….
Je songeais à tout cela derrière les apparences de ballet de ces journées poétiques. J’édite c’est vrai, mais j’écris d’abord et je ne peux que sauver d’abord mon intégrité consubstantielle à la poésie, mon énergie vitale, règle pour tous les poètes ne pas s’user, ne pas prendre les moyens pour la fin, ne pas se compromettre, ce sont les exigences poétiques pas de petits calculs pas de compromissions ne pas chercher à plaire, ne pas passer sur le corps des autres ; pas d'arrivisme! Le mot seul est onbcène
" Tout le reste est littérature " ; il y avait d’ailleurs une majorité de poètes de ce genre hier et sans aucun badge nous nous reconnaissions. Il y avait, par éclairs, du bonheur.
Cet après- midi on trouvera Bruno Bisaro pour son spectacle " l’expérience insolente " et son recueil de poèmes et Catherine Hubert pour son délicieux livre pour enfants : Twitille
Geneviève Pastre ©
12:48 Publié dans modes de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22 juin 2007
Un jardin des Délices?
Arts, et modes de vie...
Une fontaine, un jardin, de la pluie, du vent, du soleil et des hommes et des femmes, les uns assis dans de petites cabanes … de jardin, tout autour de la fontaine, auprès de tables couvertes de livres de poésie. Aux premières gouttes ils rentrent vite leur tables et leurs livres, ou leurs CD ou leurs gravures Entre deux bourrasques, ils sortent dans les allées et palabrent avec animation, dans les allées des femmes élégantes extravagantes ou plus discrètes des visages souvent très maquillés, d'autres très naturelles, aux côtés d' hommes de tous âges
Poètes bedonnants ou longilignes, pleins de prestance ou décontractés prennent un moment de soleil, s’affairent ou exposent avec véhémence leurs propre art poétique ; tout se passe sans hâte, comme on marche toujours dans un jardin qu’il soit public ou qu'il soit le jardin d’un château, dans cette abbaye de Thélème de quelques jours ou dans cette esquisse(très) discrète du jardin des Délices.
De leurs cabanes les poètes qui exposent leurs livres et ceux de leurs
amis observent ainsi les passants qui sont en pleine lumière sans savoir qu’il sont vus, exposés aux regards. Tout est bienveillance semble-t-il en paix, dans une pause qui élargit les respirations et ralentit les ambitions. Par-ci par-là des regards sombres des solitudes farouches des lassitudes visibles mais aussi soudain de élans des ferveurs partagées, des sourires, des rires sonores, je pense aux causeuses(u parleuses ( ?) de Camille Claudel. Et encore des silhouettes rapides allant à on ne sait quel rendez vous poétiquement amoureux ou amoureusement poétiques…
Venez au marché de la poésie, vous y respirerez une griserie particulière
J’y verrais bien quelque marchand de légumes colorés, il y a d’ailleurs une ébauche : un marchand de vin, ah et aussi quelques stands où l’on entend la poésie de la vie pour celles et ceux qui ont inventé leurs sexualités ; loin du monde formaté, ce n’est pas à dédaigner, cette grâce légère diffuse ou insolente, une de plus dans ce foisonnement des mots et de leur musique.
Geneviève Pastre© stand B5
Place saint sulpice à paris sixième, demain et dimanche après midi et soir entrée libre
23:20 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21 juin 2007
Poètes présents au Marché de la poésie stand B5
aujourd'hui
Geneviève pastre Plains-chants est en cours d'impression et ne paraîtra qu'n juillet ou en septembre
Bruno Bisaro voir son blog http://brunobisaro.blogspirit.com son recueil de poésie 'l'intrépide bruno bisaro" est sur le stand.
Nelly lannick(romancière) son récitt la quête d'une grand mère FINE est exxposé elle même sera là vers 19H
demain vendredi
Bruno bisaro
encore moi
samedi
Jeanne talbot david (les délices de pradous et Etoile écarlate)
Françoise Tchartiloglou(une dizaine de recueils de poésie dont le dernier: "Pour t'aimer"
Anne Michel(voir note ci dessous)
Isabel Meyereles(voir site des éditions poète traudcxtrice et sculoprice) Le Livre du Tigre
dimanche
Françoise Tchartiloglou
Bruno Bisaro
Catherine Hiubert(signature de Twitille théâtre pour enfants) romancière (7 romans ) sculptrice et poète
et peut-être plusieurs autres ....
PRESENTE SAMEDI/
ANNE MICHEL
Les poètes(Octaviennes ou éditions geneviève Pastre qui seront au stand B5
Anne Michel sera présente samedi après midi et sera heureuse de vous rencontrer
BIBLIOGRAPHIE
Fictions
Exercice d’amour – Editions Calmann-Levy – 1984 (épuisé)
La Dame noire – Editions Flammarion - 1992
Sortilèges – Editions Flammarion - 1993
Myriam et Diane – Editions Geneviève Pastre - 2002
Le Défilé – Editions In Octavo - 2006
Essai
Voyage en enfance – Editions Flammarion - 1995
Poésie
Les Seigneurs – Editions de la Goutte d’eau ( HC ) – 1991 (épuisé)
Grande Sérénade – Editions Geneviève Pastre - 2001
Adios, l’amie… – Editions Clapàs – 2001
Notre Légende suivi de Rose du jour – Editions en Marge (Québec) - 2005
Nouveauté devait être présenté au Marché mais ne paraît que lundi 25 !!! Anne Michel vous en montrera un exemplaire. voici ce qu'elle en dit:
Que votre vie galope comme ce cheval rouge à travers les arbres
raconte une étreinte avec le réel, une empoignade plutôt rude entremêlée de moments plus tendres où sont brassés la nature, les grands évènements d’une vie humaine, le corps, les étoiles et l’amour. Il raconte aussi le désir d’évasion, de la libération de tous nos carcans, le rêve des grands espaces, du mouvement, de la vitesse. C’est pourquoi, dans le titre, j’ai pris un cheval comme emblème de tous ces désirs et la couleur rouge qui signifie le bouillonnement du cœur et de la sensualité. Le cheval signifie aussi la noblesse, rappelle quantité de récits fondateurs de notre civilisation. Mes poèmes jouent avec la culture en effet, lui secouant les puces quand je trouve cette culture coercitive ou guindée, trop restrictive pour nos esprits d’aujourd’hui.
L’éditeur a merveilleusement compris – même si vous ne la voyez pas sur le blog de Geneviève – le mélange de brutalité, osons le mot puisqu’il est sûr que je ne ménage pas la langue – et de volupté, de lascivité, de tendresse, d’émerveillement devant des beautés qui nous sont offertes par le monde. Par la vie toute bruissante de mystère. Alors, la couleur choisie est un rouge anglais, un rouge-rose, quelque chose qui évoque un coucher de soleil flamboyant mais avec quelque chose dedans du velouté des pétales de roses. Il y a un aspect de jaillissement et bien que le cheval en question ne soit pas présent dans l’image de la couverture, on a l’impression qu’il y est, presque visible dans la houle des nuages sur ce fond ardent.
Maintenant que j’ai un peu décrit ce que contient ce recueil, je vais enchaîner sur ma perception de la poésie.
Elle est la première écriture que j’ai produite, tellement jeune que je peux dire qu’elle était là dès que j’ai su aligner des lettres sur un papier ! J’aime écrire et j’ai beaucoup écrit. Ce que j’aimerais dire miaintenant, c’est qu’il est inutile de chercher à comprendre ce que montre ou veut dire exactement un poème. Ce qu’il sous-entend, ce qu’il faut y comprendre. Quand je déclare plus haut que je joue avec la culture par exemple, que j’introduis des figures mythiques dans mes poèmes, ce n’est pas pour que les gens se prennent la tête en tombant sur un nom de personnage ou de lieu, mais simplement qu’il y ait une résonnances. Un écho.
Pour moi, la poésie se sent, comme on sent une odeur. Elle se voit comme on regarde une couleur. Elle se touche avec un sixième sens qui serait une main hyper sensible qui vous ferait murmurer " Mmmm…douceur de la soie, douceur de la peau, fraîcheur de l’herbe sous les pieds, au petit matin ". La poésie vous enveloppe, elle ne vous convainc pas : profonde erreur de penser que l’on peut expliquer les poètes et leurs poèmes. C’est même le plus sûr moyen de s’éloigner du jardin enchanté dont elle ouvre la porte. On saisit mieux intuitivement un texte que d’autres gens qui l’expliqueraient mieux que vous, en apparence. Il y a une force dans la poésie qui bondit d’elle, vers vous, spécialement pour vous, c’est sa plus grande vertu, je crois. D’être toujours neuve pour quelqu’un qui a pu l’entendre. C’est seulement ainsi qu’on pénètre dans le jardin, parce que cela " coule de source", et que rien ne vaut la magie d’une source qui s’épanche, de ce doux bruissement de l’eau parmi les mousses et sur les cailloux, qui vous emmène loin, loin, loin…
Une grande joie vient de penser qu’avec nos poèmes on ouvre aux autres un univers dans lequel ils peuvent trouver leur chemin personnel, où rayonnera leur être le plus intime.
Anne Michel
12:10 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16 juin 2007
jetez-vous dans la création
arts et littérature
en préambule au marché de la Poésie, stand B5 , du 21 au 24 juin, place asint sulpice dans le VIème,les éditions geneviève pastre les Octaviennes et les Gémeaux, quelques réflexionx tirées de" l'état poétique" Vis à vis et invia suivi de l'état poétique" le recueil que j'ai publié en 2006
et venez rencontrer nos poètes vivants!
" Notre époque contemporaine a, ainsi voulu faire coup double : d’une part, essayé de décrier, de tuer la philosophie pour la remplacer par une étude scientifique de l’homme concret, dans une société donnée, (" in situ " aurait dit Sartre, qui, lui, rendait au moins toute sa liberté à l’homme, bien qu’alourdie d’une angoisse fondamentale un peu encombrante et plus ou moins artificielle, qui colle à la peau des existentialismes jusqu’ici du moins, pour moi je m’en écarte radicalement), pour donner la priorité aux déterminismes, économiques ou autres, linguistiques, biologiques, historiques, toute autre attitude étant condamnée comme un affreux idéalisme. On se gargarise du terme " scientifique " ; on voit des comités scientifiques à la tête d’organismes qui n’en ont que faire, comme les colloques. (Parfois quand on connaît les membres du comité scientifique, on s’aperçoit que c’est de la poudre de perlimpinpin ! )
D’autre part, on autopsie un corps (le " corpus ") ou plutôt le cadavre de la poésie. Comment peut-on être lyrique à la fin du XXème siècle ? Mais tuer l’Homme, voilà une des dernières ambitions. Une véritable délectation, dont on ne saurait se priver sans passer pour le dernier des naïfs sinon des nigauds ou des sots. Déconstruisons, d’accord, mais qui ?quoi ? comment ? et jusqu’où ? Car si nous le faisons in vivo, et non pas comme on dissèque un cadavre, distinct de soi, un double mort et immobile, cela n’indique-t-il pas qu’il y a, même infime, en nous un sujet pensant et actif, et ne devons-nous pas, au lieu de faire table rase, comme on tond un gazon, ou comme on brûle un sol, faire avec, le prendre en compte, observer tout en l’éprouvant l’impatience de la création en nous de nous-même, la solliciter, nous y livrer et participer à ses efflorescences, ses bourgeonnements. Chez nous et chez les autres.(et pas seulement l’Autre avec un majuscule de majesté pour faire bien dans le tableau. Il y a une complaisance morbide à prendre l’attitude de déconstruction pure, et c’est même le signe d’un ego considérable. Sachons vivre en phase avec nous-mêmes sans nous contraindre à nous amputer tristement, cyniquement ou allègrement de ces surgeons, Allions Rabelais et Montaigne, et que notre lucidité ne nous jette pas à un quasi-suicide intellectuel, mental et artistique. Que la dénomination soit un art, une inspiration et une expiration, et pas seulement la manie orgueilleuse du classement, de l’ordonnancement qui sont le fait des sociétés sclérosées ou totalitaires, ou du moins celui des institutions créées pas ceux qui ne veulent pas voir leur métamorphose en cours, et la nécessité d’une renaissance.
En ai-je lu des ouvrages savants ! Vaut-il mieux mourir selon les règles ou en réchapper contre les règles ? La boutade de Molière est tout à fait d’actualité ! J’évite à dessein le mot " moderne " trop étroitement connoté (par opposition à " postmoderne " par exemple), mais dans le sens où l’emploie le langage courant : " à la page, dans le vent, pas ringard" . Mais les censeurs sont aux aguets : Je me suis fait sévèrement admonester par un collègue alors que nous prenions un verre sur le zinc près du lycée parce que j’avais l’air de confondre langue et langage ! Et lui, composait-il des poèmes ? Qu’inventait-il ? Professeur de philosophie, aucun doute, mais philosophe, non, il n’était que le gardien d’une nouvelle loi, aussi stérile que l’ancienne, car du point de vue de la création, elle ne pouvait engendrer qu’un nouvel académisme. Il enseigna de même le théâtre au lieu d’en faire.
Mais revenons au lien entre poésie et philosophie qui fait que quand on hait l’un on hait de la même façon l’autre ! sournoisement et paradoxalement, la poésie et la philosophie essaient parfois de s’entretuer, la poésie au nom de sa liberté refusant le droit de la juger de la situer de lui assignée un place et une valeur à une certaine philosophie faite de systèmes et d’arguments qui essaie de prendre dans ses pinces ou ses filets la poésie rivale pour lui tordre le cou, lui couper le sifflet. Et la poésie se moquant de la prétention de la philosophie à vouloir rendre compte de tout. Et de ne pas voir la tension féconde entre l’une et l’autre forme de pensée et de langage. Comme me dit un jeune ami philosophe : la poésie ? c’est la philosophie sans les concepts. Entre le collège de philosophie et l’EHESS il n’y pas que la traversée de Paris d’un bout à l’autre du boulevard Saint Germain, mais un vide entre deux univers, excepté, dans des no mans land, des zones invisibles mais vibrantes, où vivent les poètes sans foi ni loi, sans règles, indisciplinés, imprévisibles, qui n’ont pas d’espace social et culturel officie. La Maison de la Poésie existe, mais à qui est-elle réservée ? Pas seulement la trace de Villon, rue Saint Jacques, et aux alentours, Ainsi un Printemps de poètes devenu assez souple pour que surgissent des événements imprévus ou encore le Marché de la poésie curieusement situé sur la place saint sulpicienne, lieu de rencontre, oasis ou jardin impressionniste dans l’architecture d’une ville. Car il y a forcément contradiction irréductible entre une institution et la parole ailée et l’attitude philosophique qui sont de résistance et de risque, comme celle de taggeurs de l’âme, de la langue, de la pensée, de l’inspiration et du chant, voire de la danse, et du spectacle, dont les œuvres sont effacées au cœur de la vie urbaine dite civilisée, par les autorités, pour cause d’impertinence et de non-autorisation légale. Le parvis de Beaubourg, des cafés qui louent leur premier étage pour des lectures, des trottoirs où des poètes piétinent en refaisant le monde, des manifestations brèves, surprenantes, directes et simples et pas toujours des demandes à la préfecture pour être dans les règles. Le principe du happening, surprise et liberté, la surprise de la liberté.
Il m’est arrivé de discuter avec un professeur d’université versée dans la critique d’une des meilleurs écrivains de notre temps. Nous étions dans un petit café archi comble et plein de fumée (c’était encore possible, même si ce n’était pas souhaitable), en face de la fac juchée sur les minces colonnes politiques d’après 68 (ni doriques ni ioniques sans doute pour empêcher les manifestations et mieux piéger les étudiants dans leurs étages, privés d’issues de secours, et je la regardai avec amitié et une certaine tendresse en pensant aux soirées sérieuses passées à rédiger toutes ses pages d’analyses que je tenais dans la main ; soudain, en me penchant vers elle par-dessus nos bières ou nos cafés, je lui demandai : et vous-même, vous n’écrivez pas ? Elle resta interdite : oh ! non je n’ose pas. Voilà le résultat de nos méthodes. Scientifiques. Quiconque ne fait pas une thèse ou un Mémoire n’est pas digne d’intérêt.
Je ne nie pas la nécessité des bibliographies et des études critiques, mais je mets en premier les œuvres elles-mêmes qui jaillissent du cerveau, du foisonnement des idées, de l’imagination, de la sensibilité, de la passion, de la colère, du désespoir, de la joie, ou de la volonté de convaincre, d’entraîner ; la seule vue de fiches bien en ordre (mais lequel ?) me donne toujours l’envie, une envie furieuse, à laquelle je résiste toujours - j’ai en pitié cet esprit absolu de sérieux, esprit du cumulatif- de les disperser aux quatre vents ; la vie est brève, S’il faut choisir, sans hésiter, jetez-vous dans la création.
geeneviève pastre
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14 juin 2007
autres formes de travestissement
sexualités et modes de vie, arts ( suite sur le travestissement)
Frissons sur le Net Mardi 12 juin 2007
Le courriel d‚'nformation de La Boîte à Frissons au Tango (rue au Maire 75003)
EDITO de La Taulière :
Le travestissement fait partie de la culture homo, et cela depuis toujours. Certes, aujourd'hui la mode est aux gogo boys musclés qui singent les hétéros, jouent aux machos et ne savent pas sourire. Au bal de la Boîte à Frissons nous restons fidèles à la tradition. Nous ne prétendons pas qu'il est subversif de se travestir, mais tout de même, c‚est un exercice plein de charme et très instructif. Pourquoi certains mecs ont-ils en horreur la simple idée de s'habiller en femme ? Comment expliquer au contraire, que les fêtes hétéros alcoolisées finissent souvent en grossiers jeux de travestissement ? Pourquoi beaucoup de lesbiennes répugnent à s'accoutrer de trop d'attributs féminins ? Pourquoi justement beaucoup de mecs (y compris les pédés) sont-ils si hostiles aux filles masculines ? Et comment expliquez-vous le cheminement de tous ces mecs hétéros, pas du tout pédés, qui adorent se taper des travs ?
Déjà quand nous étions gamins, on nous expliquait que ce n‚était pas viril de jouer à la poupée. Maintenant que nous sommes adultes, nous pouvons enfin mettre une perruque, nous maquiller et porter une robe ! Et en plus, qu‚est ce qu‚on s‚amuse !
Rendez-vous donc vendredi soir au BAL des TRAVS.
PS : Si vous avez envie d‚être travestis sur place vendredi soir, contactez-nous très vite pour que l'on vous aide frissons@club-internet.fr (ou passez mercredi entre 19 h 30 et 20 heures au Tango). Consultez aussi les conseils pratiques de Madame Hervé sur son blog.
Vendredi 15 juin à partir de 22 h 30
Le Bal des Travs
Rendez-vous annuel exceptionnel !
Combien ont connu ici leur baptême du travestissement ? Car au milieu de la nuit, vers minuit, nous emportons en coulisses cinq garçons qui seront transformés en filles et présentés au public une heure plus tard. Dans la salle vous assisterez à un défilé assez cocasse, des filles en garçons, des garçons en filles, etc.
lu sur le site du Tango. transmis(très volontiers par Geneviève Pastre)
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13 juin 2007
LA PORTE, le coin bibliothèque de marion Page
A propos de
LA PORTE
de
MAGDA SZABO 1987
Ed. Viviane Hamy (traduction du hongrois 2003)
Prix Femina étranger 2003
Voici un classique qui nous vient de Hongrie et nous emmène aussi ailleurs, dans des contrées de l’amour rarement explorées. Nous partons donc en voyage, comme nous partons en vacances, vers des rivages inconnus, dont peut-être nous n’avons même pas idée.
C’est une histoire tragique entre deux femmes que tout sépare, mais c’est aussi un chapitre du traité universel de l’amour commencé dès l’antiquité. La Porte est écrite comme une tragédie antique en XXI chants autour d’une figure mythique, celle d’une vieille paysanne hongroise, femme de ménage d’une femme, jeune écrivain du XX° siècle. C’est celle-ci qui raconte comment, en fin de compte, elle a pu aveuglément tuer Emerence, après vingt ans d’une relation difficile qui a usé le cœur de chacune jusqu’à la corde.
Tout les sépare : la classe sociale, l’âge, l’interdiction d’amour entre femmes… Mais elles viennent du même village de la Grande Plaine où l’on fabrique ‘le vin de sable’ et cela pourrait les rapprocher, or Emerence ne veut jamais en parler !
Cette passion les atteint inopinément et chacune réagira suivant son caractère : la sagesse et la passion maîtrisée d’Emerence au caractère bien trempé, cinglant et autoritaire, rencontrera rarement dans la paix les sentiments chaotiques de sa jeune patronne. Mais, avant de mourir, Emerence lui aura appris à vivre, à reconnaître quelques unes des valeurs universelles d’une humanité bien en déroute pourtant, puisque l’histoire se passe juste après la guerre, à Budapest.
En 1963, Magda Szabo avait déjà publié en Hongrie " La ballade d’Iza " (traduction chez Viviane Hamy 2005) qui raconte une relation mère-fille après la mort du père. Il est difficile de ne pas y penser en voyant sous nos yeux la relation d’Emerence avec Magda, bien qu’elle soit inversée : dans la ballade d’Iza, c’est la fille qui est autoritaire et dominatrice. Dans les deux cas l’homme de la maison demeure à la périphérie du récit, le nœud de l’histoire est ce qui se passe entre deux femmes. Et la puissance de ce qui peut se passer entre deux femmes quelles qu’elles soient nous prend ici à la gorge car Magda Szabo est un formidable écrivain.
Le portrait d’Emerence prend forme sous nos yeux tout au long du livre. Il ne s’agit pas d’une miniature, il est traité plutôt comme une grande fresque surgissant peu à peu des détails les plus triviaux, et c’est là le génie littéraire de Magda Szabo. Les grands personnages de nos mythes et religions se pressent autour de l’image de cette paysanne hongroise hors du commun et qui est tout, sauf humble.
Première visite à Emerence qui fait la lessive à l’ancienne devant chez elle :
" Le feu irradiait autour d’elle, grande, osseuse, encore puissante malgré son âge, telle une Walkyrie, et la forme de son foulard évoquait un casque guerrier. " (p.13)
Magda décide de recourir aux services d’Emerence et une relation de plus en plus tyrannique s’installe entre les deux femmes.
Emerence refuse d’accompagner Magda au Temple, stupéfaction :
" …car dès le début, il m’avait semblé évident qu’Emerence avait une parente dans les Saintes Ecritures, Marthe, dont la vie n’avait été que labeur au service des autres… " (p.31)
Emerence attend une visite importante, elle la recevra chez Magda, elle a tout préparé, mais la personne attendue se décommande à la dernière minute. Dans sa fureur, Emerence installe le chien à table, au milieu de la porcelaine et du cristal de Murano, et c’est lui qui dévore les exquises nourritures :
"L’image que j’avais eue sous les yeux, Viola à table, n’était qu’une apparence d’idylle, et le festin d’Emerence devait représenter une autre passion mythologique, puisque en y repensant, je ne les voyais pas auprès de la table comme un brave chien récompensé et sa maîtresse, mais comme deux convives d’un terrible banquet et la viande engloutie par l’animal n’était peut-être qu’une apparence de rôti, pas de la nourriture mais d’invisibles fibres et viscères, une sorte de sacrifice humain, comme si Emerence…avait voulu jeter en pâture au chien la personne qui n’était pas venue…Viola était Jason sans méfiance, sous le foulard de Médée-Emerence couvait la braise des enfers. " (p.73)
Un dimanche des Rameaux, Emerence décide de régler ses affaires autour d’un repas de fête, elle rédige son testament devant témoins et convoque ses héritiers séparément, dont Magda :
" Le Christ avait pris son dernier repas quelque part à Béthanie, peut-être dans la maison de Lazare, Béthanie faisait encore partie de Jérusalem. Je ne voulais pas le voir tenant le testament de sa main sacrée, Chouchou et Adelka à sa droite, le neveu et le lieutenant-colonel à sa gauche, Viola et moi en face de lui. Je ne voulais pas le voir, mais je le vis. " (p.155)
Ce livre est entièrement écrit à l’aune mythologique, seul cadrage digne de la figure d’Emerence, vieille femme de ménage hongroise. Mais cette aune mythologique caractérise aussi le regard de la narratrice sur sa propre vie, ce qui donne au roman des allures de tragédie antique avec chœur. Dès la description du cauchemar récurrent qui ouvre le livre, les Erinyes sont là, nommées, et pour longtemps.
Le roman est écrit au " Je ", on dirait d’un seul trait, comme une confession qui reprendrait souffle de temps en temps à chaque chapitre, comme si la jeune maîtresse devait se décharger la conscience d’un fardeau… .
Comme dans toute tragédie, la mort est un personnage à part entière : mort de la mère, maladie grave du mari, menace pour Emerence qui se trouve tout de même dans le troisième âge, Emerence qui a vu mourir sous ses yeux ses petits frère et sœur, puis sa mère qui se suicide. Mais la vieille femme, hyperactive, jamais malade, sûre d’elle, semble invincible à tout le quartier.
Le quartier avec tous ses gens portant un culte à Emerence, concierge d’un immeuble à Budapest, est toujours très présent, avec plusieurs personnages de femmes bien campés. Les personnages secondaires sont très bien traités. Le chien Viola est un personnage à part entière. Les souvenirs d’enfance parcourent le livre, et aussi les difficultés du travail d’écriture quand on est pris par l’obsession d’autre chose:
"…l’écriture n’est pas un maître facile, les phrases laissées en plan ne peuvent jamais être reprises avec la même qualité, la nouvelle formulation s’écarte de la ligne du texte dont plus rien ne garantit alors la tenue. " (p.108)
" J’aurais voulu écrire, mais voilà, la création relève d’un état de grâce, il faut tant de choses pour que cela réussisse, impulsions et sérénité, paix intérieure et émotions stimulantes, à la fois douces et amères, tout cela me manquait. " (p.245)
Emerence et son employeur sont rarement contentes l’une de l’autre et pourtant ne peuvent envisager la vie l’une sans l’autre ! Emerence reproche à Magda de ne pas avoir une maison et des enfants comme toute femme qui se respecte, Magda reproche à Emerence de ne pas avoir, compte tenu de ses dons, entrepris des études qui l’auraient immanquablement conduite à un poste de prestige…Pendant vingt ans leurs champs de communication seront différents, empêchant tout échange constructif. Les cadeaux, les bonnes intentions tombent toujours à côté, les agressions diverses tombent, elles, toujours juste. La paix règne seulement lorsque l’écrivain et son mari sont malades, Emerence alors prend tout en mains, les soigne, les lave, les talque, les masse, les nourrit des meilleurs plats, elle n’est jamais si heureuse que dans ces moments-là…
Magda va au temple, Emerence est une mécréante à la dent dure. Magda est une " intellectuelle ", Emerence ne jure que par le travail manuel. Elle a tout d’une anarchiste sans le savoir, avec en plus de la compassion à revendre pour tout innocent qui souffre.
Mais toutes deux sont reconnues par leur pairs : Emerence dans le quartier, puis Magda enfin à la radio, la TV, dans la presse. Chacune a grande estime pour l’autre, mais jamais Emerence ne le montrera à Magda.
Et pourtant, que dit la voisine à Magda ? :
" Vous étiez la lumière de ses yeux, sa fille. Demandez à n’importe qui dans le quartier, elle parlait de vous en disant : la petite. De qui croyez-vous donc qu’elle parlait à tout bout de champ quand elle s’asseyait pour se reposer, la pauvre ? De vous. Mais vous, vous ne voyiez qu’une chose : elle vous enlevait le chien, vous ne vous êtes même pas aperçue qu’elle était devenue Viola pour vous. " (p.181)
La lucidité et la sagesse sont du côté d’Emerence :
" Parmi les souvenirs d’Emerence, c’est un de ses visages particuliers qui me regarde le plus souvent depuis le Temps, l’expression qu’elle a eue le jour où elle m’a demandé d’un ton parfaitement neutre si je n’en avais pas assez de l’entourer d’attentions, et de la contempler d’un air béat comme si elle venait de demander ma main…. " Vous ne comprenez pas qu’il ne sert à rien de me faire les yeux doux, je n’ai besoin de personne s’il n’est pas entièrement à moi…Alors arrêtez de jouer à l’enfant que je n’ai pas eu…Je ne suis ni votre défunte mère, ni votre nourrice, ni votre petite camarade… " (p.178)
Et aussi le pouvoir :
" …c’est elle qui réglementait notre relation, et elle en réglait le thermostat avec économie et rationalité…Nous avions tous accepté cette loi diplomatique, sauf…Viola… Emerence avait établi une clause stipulant qu’elle tiendrait le premier rôle dans la vie de ceux qui l’aimaient… " (p.179)
Quand la légende, le mythe d’Emerence, s’écroulent, c’est la trahison qui s’installe et la tragédie prend ainsi un nouveau souffle. Les références et allusions aux mythes et religions courent tout au long du récit, rappelant les dimensions universelles de l’amour, de la haine, de la trahison, du remords et c’est pourquoi ce livre peut nous parler aussi à nous lesbiennes qui connaissons particulièrement la difficulté d’aimer.
La difficulté, mais aussi la jouissance : à la fin du livre une scène nous montre un des rares contacts physiques entre les deux femmes :
" Magdouchka ! "
Seuls mes parents m’appelaient ainsi, personne d’autre, je sursautai, attendant la suite. Mon cœur battait, je sentais mes émotions s’entrechoquer, la honte d’avoir menti, l’espoir, les remords, le soulagement. Elle leva légèrement la main, me fit signe d’approcher. Elle redit mon nom, il y avait autre chose dans ce mot, quelque chose de plus, un frisson mystérieux, comme de l’électricité, le mot tremblait aussi, mais pas d’une manière inquiétante, plutôt comme un voile léger qui se déchire, ou un rideau que l’on tire. Je m’assis au bord du lit et Emerence prit ma main. Elle examina mes doigts en détail et dit :
- Toutes ces saletés puantes ? la crasse et la pourriture ? Avec cette main qui ne sait rien faire ? Et toute seule, pour que personne ne vous voie ? La nuit ?
Je détournai la tête, ne supportant pas son regard. Alors vint le moment le plus décisif, le plus bouleversant de ma vie, elle ouvrit la bouche et happa mes doigts entre ses gencives édentées…je connaissais ce mordillement, ce langage canin exprimant l’extase et le bonheur sans limite. Emerence rendait grâce de s’être trompée, je ne l’avais pas trahie, je l’avais véritablement sauvée…Jamais, ni auparavant, ni après, je ne sentis si nettement la dualité de l’horreur et du plaisir…Je retirai mes doigts, c’était plus que je ne pouvais supporter. Je m’aperçus que mes larmes coulaient quand Emerence me tamponna les yeux… " (p.240)
Le prénom d’Emerence n’a pas été choisi au hasard par l’écrivain : il vient du latin emerentia qui signifie " respectable "…
Oraison funèbre d’Emerence par Magda :
" Elle était un exemple pour tout le monde, elle aidait chacun, la poche de son tablier amidonné livrait des bonbons enveloppés dans du papier, des mouchoirs de toile immaculée qui s’envolaient en bruissant comme des colombes, elle était la reine de la neige, la sécurité, la première cerise de l’été, la première châtaigne sortant de sa bogue à l’automne, les citrouilles resplendissantes l’hiver, au printemps le premier bourgeon de la haie : Emerence était pure, invulnérable, elle était le meilleur de nous-mêmes, celle que nous aurions aimé être. "
Fallait-il la laisser mourir seule, abandonnée ?
" Il faut savoir tuer qui on aime, c’est plus humain que laisser souffrir. ", a dit une fois la vieille femme. Magda n’a pas entendu, écouté, compris, pourtant elle l’ " aimait ". Comme on dit souvent.
Il y a longtemps que Magda Szabo est un auteur célèbre dans son propre pays. Il était temps que ce magnifique écrivain arrive enfin en France et soit reconnu à sa juste valeur.
Marion Page romancière et poète
auteur de "le livre de Camiille"
et à paraître à l'automne "le Belvédère" premier d'un ensemble: "l'Opéra intérieur"
aux éditions geneviève Pastre
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09 juin 2007
THEATRE l'expérience insolente
THEATRE l’expérience insolente théâtre du Renard demain 10 06 07 à 16H30 12 rue du Renard((métro Hôtel de Ville
Un homme peut-il interpréter un rôle de femme au théâtre ?
Oui évidemment ; c’est même une tradition.
Au Japon par exemple : dans le Nô, tous les rôles sont masculins, il arrive même que des acteurs de soixante ans selon Zéami le fondateur et théoricien du Nô (au XV°siècle) issu d’une famille d’acteurs c’est la fleur de l’âge pour être un acteur accompli, et l’acteur peut parfaitement jouer une jeune femme ; ces rôles se jouent masqués qui ’" transmettent l’expression par-delà l’expression ".
Le Kabuki fut créé par une femme, Kitano, en 1601, à Kyoto, drame animé issu de danses religieuses. Elle recruta de jeunes actrices, et ses spectacles ne comprenaient donc que des femmes. Mais trente ans plus tard les femmes sur scène ont suscité tant de complication que l’accès du théâtre leur fut interdit ou tout au moins que, dans un spectacle, la séparation des sexes (dans une même pièce) devint absolument rigoureuse.
Actuellement le kabuki est exclusivement masculin ;
Une forme de riposte a été créée à Takarazuka, un théâtre de femmes, du genre music-hall(la salle créée en 1919 contient 4000 spectateurs dont le répertoire est très vaste et emprunte beaucoup à celui de l’Occident.
Ces trois exemples montrent qu’il existe des cultures où des femmes et des hommes se travestissent sur scène. Quelles qu’en soient les raisons (cela vaut la peine de se documenter à ce sujet. Les mœurs d’un pays jouent un rôle sans doute considérable, le statut social des hommes et des femmes, mais d’autres facteurs ou d’autres effets, sont mis en jeu. N’étant pas vraiment spécialiste, je vous envoie à la découverte de ces diverses combinatoires qui touchent au sexe (on peut dire le genre, mais c’est un concept sociologique trop à la mode et trop " grossier" pour servir à les interpréter).
En Occident, de jeunes actrices se " déguisaient " en homme autrement dit jouaient des rôles masculins, on en a des nombreux exemples célèbres dans notre histoire
Mais on peut voir les choses d’une toute autre façon, le propre de l’acteur n’est-il pas toujours d’entrer dans la peau d’un autre personnage, celui d’un autre tempérament, ou d’une autre époque. Des écoles de théâtre ont même théorisé ce passage, faut-il s’identifier ou au contraire marquer la distance, les marionnettes japonaises où le présentateur n’est pas caché et tient devant lui et manipulent à vue écartent-elles toute possibilité d’illusion ?
En quoi le travestissement sexuel ne rentrerait-il pas ou ne tentre—t-il pas dans ce cadre, tout simplement ?
Ou est-il une transmutation singulière, délicate et même pour lidentité de l’interprêtte ? perdre son identité sexuelle sur scène est-elle significative d’un talent particulier à un acteur, procure-t-il une jouissance spécifique à lui-même et au spectateur et à la spectatrice, les oblige-t-il à se poser des questions de fond ?
Dans le cas de " Octavie ou la deuxième mort du Minotaure " où le personnaage central, une femme, s’adresse à une femme (Octavie) dans une relation amoureuse, où elle interpelle avec vigueur le Minotaure, être archaïque à mi chemin entre l’animal et l’être humain, et après l’avoir tué, invite son amante à tuer le Minotaure intérieur qui l’habite encore, qui l’a envahie et cru la dominer pour toujours, je jeu ne demande- t -il pas à l’acteur une effort exceptionnel qui peut aller jusqu’à l’arrachement à lui même?
Ce paradoxe, vous verrez comment Bruno Bisaro l’a résolu magistralement en jouant d’une façon étonnante cette double action ; dire cette célébration doublement féminine sans chercher à s’identifier au sens banal à son personnage et appeler à cette mort du Minotaure sans être atteint lui-même.
Pour moi, l’auteur/e, je peux dire que oui, qu’il y a là quelque chose de résolument nouveau au théâtre et qui fera date.
Geneviève Pastre ©
voir http://brunobisaro.blogspirit.com
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