05 mars 2006
Actu
Actu, Alerte !
On se rappelle les radios " libres " ? Je me souviens de la lutte que nous avons menée, et à côté d’autres, pour Fréquence Gaie, dans les années 80 (je les raconte dans mes Mémoires, ce serait trop long ici). Depuis plus de dix ans, tous les 2ème jeudi du mois à 19H30, sur 89.4, j’anime une émission sur la culture lesbienne et gaie et sur des questions de fond ou d’actualité " les affinités électives " sur Radio Libertaire ( " la radio sans dieu ni maîtreni sponsor "), qui a gardé sa vigueur, sa verdeur, son indépendance, son courage, et qui tient à poursuivre avec cette voix frondeuse forte impertinente (donc souvent pertinente) et imperturbable devant les ronrons et les pressions des pouvoirs.
Quand on pense aux télés où l’animateur porteur d’une oreillette suit les instructions précises données de la cabine technique !
Naifs/naïves que nous sommes .
Mais je laisse la parole à l’équipe de RL
Voici donc ce qui s’élabore :
UN PROJET DE DECRET LIBERTICIDE
CONTRE LES RADIOS ASSOCIATIVES.
Un peu d’histoire
Comme tout le monde le sait les radios associatives sont nées (tout du moins ont été autorisées) en 1981. Il existe plusieurs catégories de radio :
- catégorie A : les radios associatives (loi de 1901)
- catégorie B : les radios privées locales
- catégorie C : les radios privées en réseaux, elles produisent quelques heures de programmes locaux
- catégorie D : les radios privées en réseau, sans décrochages
- catégorie E : les radios périphériques.
C’est la première catégorie (Radio libertaire fait partie de cette catégorie) qui nous intéresse. Pour survivre, ces radios ont plusieurs solutions :
- Faire de la publicité (moins de 20% du budget) sinon elles changent de catégorie), et en appeler aux annonceurs. L'expérience montre que dans ce cas leur durée de vie est limitée. Les annonceurs interviennent sur la ligne éditoriale afin de rendre efficace, rentable l’investissement financier. Pas de social, pas de politique, de la musique, de la musique de la bonne et qui se vend bien. C’est comme cela que de nombreuses radios ont disparu.
- Autre solution, être absorbée par de grands groupes afin de devenir une fréquence supplémentaire à diffuser toujours la même idéologie, toujours la même musique.
Sachant que le taux maximum de publicité est de 20 % du budget, certaines radios ont choisi de devenir des radios commerciales et distillent tranquillement la pensée politique et économique dominante.
D’autres radios ont choisi de refuser le commerce et peuvent bénéficier de l’aumône du FSER (fond de soutien à l’expression radiophonique). Ce Fond est une caisse nationale alimentée par le produit d’une taxe parafiscale prélevée sur les régies publicitaires des radios et télévisions pour aider financièrement les radios associatives. Il n'est en rien une aide de l'état prélevée sur les impôts ou comme certain veulent le faire croire. Il représente, une aide à la survie au même titre que les aides apportées à la presse militante.
La proposition de décret
Pour obtenir une aide du FSER, tous les ans nous devons faire un certain nombre de démarches, entre autres choses, un dossier assez important (ce que nous sommes en train de faire en ce moment). La péréquation des montants attribués par le FSER se décompose en deux parties :
- une partie technique dont le montant est fonction du lieu de la radio, de sa taille financière, du nombre estimé d'auditeurs.
- une deuxième partie dont le montant est fonction des projets réalisés, cette aide variant entre 10 et 60 % de la première partie.
Il faut bien comprendre la logique de la démarche. La première partie ne concerne que l'aspect technique et de la sorte ne prend pas en compte le contenu éditorial de la radio. La deuxième partie est totalement politique et laisse à une commission issue du ministère de la culture toute latitude pour décider.
En outre le ministère s'accordait la capacité d'exercer un contrôle au sein même des radios associatives, par l'envoi d'experts mandatés par ses soins, afin de vérifier la bonne réalisation des projets éditoriaux préalablement validés, sous peine de remboursements des sommes allouées ! Et enfin l'administration qui gère les dossiers se voyait accordée un délai maximal de dix mois pour traiter les demandes, son silence, à ce terme, valant refus !
Depuis quelques jours il y a eu une précipitation d'évènements.
Radio Aligre, une radio associative adhérente de la FRADIF, située pas loin des studios et de notre fréquence est en difficultés avec son diffuseur (TDF) pour des impayés. Nous avons montré notre solidarité avec elle par le soutien des animateurs et animatrices, des émissions de Radio Libertaire et sur un plan financier.
Une petite dizaine de radios associatives se sont réunies (Aligre, vivre FM, Radio soleil, FPP, Radio Trousseau...), il fut proposé de monter une coordination des radios associatives afin de lutter contre ce décret. Les propositions furent les suivantes :
- une conférence de presse
- un Blog et un site internet
- un tract/pétition internet
- des émissions spéciales avec un appel radiophonique commun à toutes les radios à diffuser
- un rassemblement
Deux jours plus tard nous apprenions que le décret était annulé.
Nos impressions
Nous entrons dans une période de campagne électorale avec déjà quelques dossiers chauds. L'affaire de Radio Aligre et le soutien qu'ils ont eu, ainsi que les menaces d'un printemps des radio libres a certainement dû pousser le pouvoir à temporiser. Le décret est mis en veille mais il sera certainement relancé le moment venu. Il nous faut donc rester vigilant.
Le secrétariat de Radio Libertaire
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